DEVIENS GENIAL

Un film de Léo Grandperret

Une comédie aux bonnes intentions, qui n’évite pas le grotesque

Synopsis du film

Mathias Bertin, professeur d’espagnol, fait une demande de mutation afin de se rapprocher de sa fille. Mais son nouveau poste est un poste de professeur d’allemand, dont la classe est en réalité menacée, puisqu’elle ne comporte que 4 élèves, deux garçons et deux filles, dont la sienne. Il décide alors, aidé par la responsable du comité de jumelage local, d’organiser un voyage interclasses en Allemagne, afin de motiver les élèves à s’inscrire à son cours…

Critique du film DEVIENS GENIAL

La nouvelle comédie de Léo Grandperret (jusque à là acteur) part sur de bien mauvaises bases scénaristiques. On se réjouissait cependant de découvrir comment allait être traité le postulat improbable de départ, impliquant un prof d’espagnol catapulté prof d’allemand, pour être plus proche de sa fille, pour laquelle il ne peut jouer son rôle de père qu’il le souhaiterait. À partir d’une crise cardiaque déclenchant la libération d’un poste (une scène pas très utile), c’est finalement la roublardise qui vaudra à Mathias son poste, celui-ci déclenchant une alarme afin d'accéder à un ordinateur de l'administration et valider lui-même sa mutation, comme si l’éducation nationale elle-même ne disposait ni de hiérarchie, ni de système de mutation régulé par la moindre commission, condition (compétence, ancienneté, rapprochements de conjoint…) ou système informatique digne de ce nom et qu’aucune publication de poste ne pouvait permettre la déclaration d’autres candidats. Parcours Sup est la preuve en soi de la rigidité de la structure, et l’on entame donc le récit principal avec la désagréable sensation d’avoir été pris pour un crétin.

Peu importe alors si les intentions du personnage interprété par Manu Payet sont généreuses, il restera jusqu’au bout un ambivalent magouilleur. S’ensuivront des péripéties elles aussi peu crédibles, caricaturant au passage le folklore local (le lancer au canon… WTF), érigeant amateurisme et inconscience en principe de gestion de ce voyage calamiteux supposé faire rire. Caressant clairement le public ado dans le sens du poil par des clichés éculés (l’opposition schématique entre désintérêt pour le musée et intérêt pour la soirée techno, discours soudain sur « vous êtes géniaux » sans se donner la peine de nous montrer à minima en quoi…), "Deviens Génial" se double de plus sur la fin d’un côté "Cercle des poètes disparus" du pauvre, autour de la chansonnette titre. Rien ne fonctionne, ni du non repérage du prof incapable de parler allemand, ni des débuts d’histoires d’amour à peine développées, ni du portrait des allemands rigides… Seule Melha Bedia parvient ponctuellement à nous tirer un sourire, avec son personnage à l’ouest, pétri de solitude, alors qu’elle confisque les portables ou qu’elle sort le cadeau prévu pour la ville jumelée : un fusil… C’est bien maigre.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

Laisser un commentaire