DES MINIONS ET DES MONSTRES
Quand Illumination se réempare des débuts du cinéma, cela donne le meilleur film de la saga
Synopsis du film
Alors qu’un groupe de gamins participe à une visite guidée dans des studios à Hollywood, ils tombent sur les statue de James et Henry, deux minions. La guide leur explique alors qu’ils ont marqué l’histoire du cinéma et elle se met à leur raconter leurs aventures…
Critique du film DES MINIONS ET DES MONSTRES
"Les Minions 3" démarre un peu comme les deux premiers opus, en rappelant que la vocation des tribus de ces petits bonhommes jaunes en forme de géllules, est avant tout de chercher le plus grand méchant qui soit, pour en devenir les fidèles serviteurs. Pourtant, en se concentrant sur 3 des personnages, James, plein d’imagination et fan de dessin, Henry, moqueur à souhait, et Ed, muet et enrobé, c’est à la fois un portrait de potes complices, tels des écoliers (ce n’est pas pour rien qu’ils s’assoient au dernier rang de la galère…) et une ode au cinéma qui en résulte, faisant de ce troisième opus sans doute le meilleur de la saga. Détournant bien entendu le logo Universal dès les premières minutes, rembobinant en arrière jusqu’à un vieux logo des années 20, le film ouvre avec un ensemble de détournements de classiques des débuts du cinéma, intégrant tous des Minions : de la lune de Méliès à l’arroseur arrosé ou l’arrivée du train en gare de La Ciotat, en passant même par les sorties d’usines Lumière.
Le début de l’histoire, contée en voix-off par la guide, rappelle bien entendu les deux métrages précédents, mais dans des élans plus inspirés, se concentrant bien sûr sur les maladresses qui menèrent les minions à trucider leurs « Big boss », qu’il s’agisse d’un cyclope accueillant (clins d’œils à Légo en passant…), d’un sorcier aux doigts griffus, ou de tout un tas d'autres (un montage hilarant…), avant qu’ils ne se retrouvent par erreur aux trousses d’un brigand à cheval au cœur du tournage d’un western. S’ensuit une exploration de l’Histoire du cinéma, avec force allusions à des longs métrages existants, incluant le passage au parlant, et donc la difficulté des créatures jaunes à parler autrement que par borborigmes ou expressions absurdes incluant des mots de différentes langues. On a d’ailleurs droit à un festival d’inventivité de la part de Pierre Coffin (réalisateur, mais aussi co-scénariste et prêtant sa voix à l’ensemble des minions) dans un mélange de mots anglais, français (« allez, cassos »…), espagnols (« paella », etc…), italien voire même japonais (« kawaï »...) ou chinois (« xièxiè »...).
Si la dernière partie du film, pourtant toujours aussi rythmée, paraît moins originale dans son déroulement, les adultes trouveront tout au long du film un côté ludique en tentant de relever les références (qu’il s’agisse des tournages, des lieux, des affiches, des guests-stars - Chaplin, Buster Keaton, Georges Lucas - …) ou les jeux de mots vaseux (les prénoms, Henry, James, dits dans cet ordre ne le sont sans doute pas par hasard…). Les enfants pourront eux se concentrer sur la succession de maladresses et leurs conséquences, d’actes absurdes ou dignes de grands gamins (ah, le coup du doigt dans l’œil lors de la fausse bataille avec les vikings…). En bref, "Des Minions et des Monstres" ne vous lâche jamais en termes de gags, jusqu’au générique final qui aligne encore quelques succulentes scènes inédites.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur


