DES HOMMES

Avec

Un matériau édifiant pour un documentaire profondément humaniste

25 jours au cœur de la célèbre prison des Baumettes pour y découvrir le quotidien des détenus…

Des hommes film documentaire image

"Des hommes". Un titre simple. Laconique même. Et pourtant si criant de vérité. Car la caméra de Jean-Robert Viallet et Alice Odiot ne va s’attacher qu’à une seule chose : rappeler à tous que les sujets de ce documentaire sont bien des êtres humains, avec tout ce que cela implique d’un point de vue moral et philosophique. Les deux cinéastes ont obtenu une autorisation rare : celle de filmer à l’intérieur de la très célèbre prison phocéenne des Baumettes. Dans cet espace de privation de liberté, où la machine pénitentiaire broie ses pensionnaires au point de les réduire au néant, où la condamnation perpétuelle les réduit à des fantômes de la société, l’humanité jaillit, dans les discours, dans les rires, dans les rêves naïfs et les chimères que les détenus se racontent.

Évidemment, une telle œuvre questionne sur la politique carcérale mise en place dans notre pays. Si le but n’est pas de transformer ces vingt-cinq jours en immersion au sein de l’établissement en un vulgaire pamphlet contre notre justice pénale, il est pourtant bien difficile de ne pas s’émouvoir face aux conditions de détention des individus. S’il appartient à la Cour européenne des Droits de l’Homme de juger les agissements de la France (elle a condamné nos pratiques à plusieurs reprises), la caméra ne peut éviter de capturer une réalité brutale, celle d’un microcosme où règne la violence, où au milieu de murs délabrés, on tue pour un paquet de cigarettes. En donnant la parole à ceux que l’on résume souvent à des statistiques, Jean-Robert Viallet et Alice Odiot osent sortir de l’ombre ce monde que beaucoup préfèrent ignorer. Et si la démarche est plus que louable, le résultat est lui quelque peu maladroit, la faute à des voix-off inutiles et à une surdramatisation artificielle. Mais cela n’empêchera pas la piqûre de rappel de faire son effet.

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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