DES FEUX DANS LA PLAINE

Un film de Ji Zhang

Un polar singulier, sur fond de mutations de la Chine

Synopsis du film

1997, en Chine. Dans un contexte de fermeture de la grande usine locale, des chauffeurs de taxi sont assassinés les uns après les autres. Etranglés, leurs véhicules sont ensuite incendiés. Alors que Jiang enquête sous couverture, le jeune Shu s’amuse avec sa bande de potes, à voler un taxi, puis de l’argent à l’usine, tandis que sa voisine, Fei, espère le convaincre de partir avec son père et elle, vivre dans le Sud…

Critique du film DES FEUX DANS LA PLAINE

Produit notamment par Diao Yinan ("Black Coal" et "Le Lac aux oies sauvages"), "Des feux dans la plaine" est le premier longé métrage du directeur de la photographie Ji Zhang. Il en adopte d’ailleurs quelques aspects sombres ou crépusculaires, en adaptant le roman Moise dans la plaine. Mais il trouve surtout son équilibre entre une intrigue policière autour de meurtres en série de chauffeur de taxi, et un contexte de mutations économiques de la Chine, qui entraînent fermetures douloureuses d’usine (le père de Fei s’est fait viré) et perspective d’exode vers d’autres lieux. Ainsi alors que celui qui sera le personnage principal, Shu, jeune adulte désœuvré, qu’on découvre en état d’arrestation dès les premières scènes (qui permettent d’introduire du même coup le policier Jiang), ne trouve pas de travail et ère avec ses potes, la jeune Fei profite d’un de ses méfaits pour acheter des billets pour une destination plus au sud, espérant convaincre Shu de partir avec eux.

Surprenant pas sa structure en deux parties, liée à un rebondissement inattendu, le film affirme Shu comme personnage principal dans la seconde, située 8 ans plus tard, les meurtres n’étant pas véritablement résolus, et le doute planant, même pour le spectateur, sur l’identité du tueur. Entre filatures avortées, histoire d’amour contrariée, "Des feux dans la plaine", passé par la compétition du Festival de San Sebastian 2021, parvient à maintenir le suspense grâce à un contexte de milieu urbain tentaculaire, et une toile de fond de montée de la délinquance et de la drogue. En potentiels amants maudits, qui s’étaient promis un feu de joie sur les berges d’un lac à Noël 97, le film s’affiche comme la chronique d’un désenchantement d’une jeunesse devant se réinventer un futur.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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