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DEHORS, C’EST L’ÉTÉ

Un film de Friederike Jehn

Une chronique sur la fin de l'adolescence, juste et touchante

À l’approche de ses quinze ans, Wanda emménage avec sa famille dans une nouvelle maison située près de Zurich. Entre deux âges – plus vraiment une adolescente mais pas encore une adulte – Wanda va devoir allier ses propres problèmes à ceux de ses parents dont les relations deviennent de plus en plus conflictuelles…

Second long-métrage de la jeune cinéaste Friederike Jehn (le premier, "Dancing On and On", n’a pas été distribué en France), "Dehors, c’est l’été" prouve, une fois de plus, la vitalité d’un cinéma allemand qui ne cesse de se renouveler. Ce portrait, tout en demi-teinte, d’une jeune fille timide et réservée qui tente de trouver sa place aussi bien dans une société nouvelle dont elle ne connait pas encore les règles (celle des post-ados et des adultes) que dans une structure familiale (ses parents, sa jeune sœur et son petit frère) qui se délite progressivement, fait appel à des sensations universelles, celles d’une période que nous avons tous vécue et qui, pas forcément facile à vivre sur le moment, finit plus tard par réveiller une réelle nostalgie. Le succès de ce type de chronique tient avant tout à sa justesse. Ici, Friederike Jehn réussit à se positionner d’une façon pertinente, évitant les pièges du misérabilisme et de l’idéalisation en naviguant entre l’anecdote style "Diabolo menthe" et la gravité lumineuse de "Cria Cuervos", dont elle emprunte (consciemment ou non) sinon quelques scènes, du moins certaines idées d’une adolescence finissante où l’on danse déguisé en adultes tout en prenant conscience de la mort via celle d’un oisillon.

La mort (qui symbolise la fin de l’enfance) rode d’ailleurs d’une façon angoissante sur l’ensemble du film que cela soit à travers le jeune frère qui a du mal à parler et à s’alimenter ou l’idée d’un cancer plusieurs fois présente dans le scénario, maladie matérialisée ici par une crêpe brulée qu’il ne faut pas consommer, là par des cheveux qui tombent brutalement et sans explication. Pourtant, en mettant en scène des parcelles de rêveries face à une réalité pas toujours rose, la réalisatrice touche du doigt l’essentiel d’un passage obligé non pas grâce à d’innombrables symboles mais grâce à un dégradé de situations sensitives dont quelques-unes particulièrement solaires. Malgré un défaut de perception mineure (alors que l’ensemble des situations du film semble être vu à hauteur de son héroïne principale, certaines scènes se déroulent en son absence), "Dehors, c’est l’été" est un film touchant porté par une jeune actrice (Maria Dragus, vue dans "Le Ruban blanc" et le plus confidentiel "Tue-moi") dont la carrière s’annonce plus que prometteuse.

Christophe HachezEnvoyer un message au rédacteur

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