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DEATH HAS NO MASTER

Un film sans maître à bord

Synopsis du film

Une femme se rend au Venezuela pour vendre une plantation de cacao dont elle a hérité. Le problème, c’est que les anciens employés n’ont pas l’intention de partir. Et la dispute tourne rapidement à l’affrontement violent…

Critique du film DEATH HAS NO MASTER

Si son premier long métrage, "La Soledad", avait eu les honneurs de la Mostra de Venise, Jorge Thielen Armand n’avait pas encore eu la chance de fouler la Croisette. C’est désormais chose faite, avec "Death Has No Master", présenté au sein de la Quinzaine des Cinéastes. L’histoire suit Caro, une femme ayant quitté enfant le Venezuela, et obligée de revenir pour vendre la grande demeure de son père défunt, implantée au cœur d’une plantation de cacao. Après vingt ans d’exil, celle-ci se sent étrangère et compte bien expédier les affaires pour repartir au plus vite. Mais à l’image de ces plans initiaux qui capturent une route sinueuse, on comprend vite que le périple du personnage principal va être une longue descente aux enfers, où la violence devrait s’inviter, à en croire les rêves prémonitoires de la protagoniste.

Réflexion autour des rapports de domination et de l’héritage du colonialisme, le film ne parvient jamais à trouver le ton juste et la bonne distance avec son intrigue, s’enfonçant dans des séquences artificielles et redondantes. On sent indéniablement la volonté du cinéaste de retarder le déchaînement de brutalité en distillant une ambiance de plus en plus sombre et anxiogène, mais cela ne suffit pas à sortir le drame de la torpeur dans laquelle il plonge spectateur, la faute à une mise en scène peu inspirée et des dialogues trop caricaturaux.

Compliqué alors dans une œuvre qui veut s’écrire dans la suggestion d’avoir une telle sur-explication de chaque événement, pour s’assurer que tout le monde ait bien compris le sous-texte politique, pourtant déjà explicite à l’écran. Et ce n’est pas ce final sanguinolent qui viendra sauver l’ensemble ; au contraire, l’abus des symboles nous confirme que le réalisateur est passé à côté de son sujet, tiraillé entre ses velléités esthétiques et la nécessité de rendre son message le plus accessible possible. Dommage, on espère que Cannes ne lui en tiendra pas rigueur sur ses prochaines éditions…

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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