DE L’AUTRE CÔTÉ DU MONDE

Un film de Yusuke Hirota

Une suite qui ne fait pas plus de place au fameux Poupelle, mais qui dépayse assurément avec son étrange univers

Synopsis du film

Lubicchi, le petit ramoneur, ne cesse de rêver de son ami Poupelle, fait de déchets, disparu au moment où la ville des cheminées est enfin sortie de sa couverture de fumées. Alors que les gens célèbrent le premier anniversaire de cette libération, Lubicchi fait une chute d’un toit, qui le précipite, après s’être raccroché à une gouttière et avoir rebondi sur des stores, dans la fontaine, au milieu de la place principale. Là, sous l’eau, il passe dans un autre monde et se retrouve chargé d’une étrange mission : relancer les aiguilles d’une horloge géante, dont les mécanismes forment une immense tour. À défaut, le monde disparaîtra…

Critique du film DE L’AUTRE CÔTÉ DU MONDE

Sous titré en anglais « The Promise of The Clock Tower » (« la promesse de la tour horloge », bien plus explicite), "Chimney Town 2", rebaptisé depuis sa présentation à Berlin, "De l’autre côté du monde" (le premier volet s’appelait en France, "De l’autre côté du ciel"), nous embarque dans une histoire de deuils parallèles, affirmant au départ que « rien ne peut réparer un cœur brisé ». Pourtant c’est bien ce que va tâcher de faire le héros, le petit ramoneur Lubicchi, qui était parvenu avec l’aide d’un homme fait de déchets (le fameux Poupelle) dans le premier volet, à libérer la ville des cheminées de sa couche de fumées, permettant aux habitants de redécouvrir le ciel et les étoiles. Confronté ici à un monde étrange, peuplé d’esprits à l’aspect monstrueux, aux contours graphiques aussi enchanteurs que déroutants, il va se retrouver chargé de faire repartir les aiguilles d’une horloge géante dont le gardien est devenu fou.

Au passage, il va faire la connaissance d’étranges personnages, tous connectés, un chat qu’il surnomme « moelleux », une petite souris dénommée Nagi, et un gardien des horloges cornu du nom de Gus. C’est en démêlant leurs traumatismes qu’il parviendra à régler les siens et à renouer avec la mémoire du fameux ami qui lui manque tant. Si la portée du film, quant à la notion du deuil, reste limitée, d’autant que cette fois encore Poupelle, mis en avant, a un rôle encore plus réduit que dans le premier film, l’intérêt réside cette fois dans le monde traversé et son fonctionnement, la magie prenant ici une bonne place, entre les lucioles des mers, les chiffres dans le ciel, et diverses créatures amusantes comme un coq avec hygiaphone et canon, qui donne l’heure « probable », et quelques machines volantes. Entre quelques élans de steam-punk et des influences nettes de "Princesse Mononoké" (la scène avec la clairière…) ou "Le Voyage de Chihiro" (les esprits qui font la queue, le voyage en train avec un esprit géant…), "De l’autre côté du monde" souffre par moments de dialogues redondants avec l’action, mais a le mérite d’intriguer et d’offrir un vrai dépaysement.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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