DAVID

Un film d’animation inégal, et malheureusement chanté

Synopsis du film

David est le plus jeune des fils d’une famille nombreuse de Bethlehem. Berger, il prend soin de son troupeau et les défend contre les prédateurs grâce à sa fronde. Mais un jour, un prophète, Samuel, se présente à ses parents, le désignant comme le futur roi d’Israël, le peuple étant actuellement égaré à cause de l’actuel roi. C’est alors que ce dernier, le Roi Saül convoque tous les musiciens au palais. David, jouant d’une sorte de harpe, se rend alors sur les lieux et obtient les faveurs du roi…

Critique du film DAVID

Après "Le Roi des Rois" à Noël dernier, qui retranscrivait laborieusement et dans une animation de qualité minimale le roman de Dickens "La Vie de notre Seigneur Jésus Christ", Saje Distribution affiche sur bon nombre d’écrans un nouveau film d’animation, lui aussi en 3D, mais de bien meilleure facture graphique. Histoire de David, d’après le Livre de Samuel dans l’Ancien Testament, doublé ici par Timéo (Elie Seimoun, lui, prête sa voix au roi Akhish), le film, produit par Angel Studios, a été un gros succès aux États-Unis et relate son rapprochement avec le roi, sa bataille contre Goliath, puis son rôle de guide de son peuple affrontant des persécutions. Si le récit semble forcément simplifié, puisque le film vise avant tout un jeune public, évitant d’ailleurs par la mise en scène ou des ellipses certaines batailles, c’est surtout le choix de faire du film une comédie musicale qui est discutable.

David (et ponctuellement sa mère, en duo à distance) pousse ainsi la chansonnette de manière régulière, avec des paroles qui n’ont pas pour but de faire avancer le récit, mais d’asséner les valeurs du personnage ou son état d’esprit. « Vers la lumière » revient ainsi plusieurs fois pour affirmer sa foi, et son refus de la peur, mais on aura aussi droit à « Shalom, que la paix soit toujours avec toi », ou quelques autres. Refusant d’abord son destin, c’est avant tout un personnage pragmatique et droit que l’on nous vend ici, dans une animation 3D honnête, qui assure une belle représentation des décors et une remarquable gestion des couleurs, mais qui fournit tout juste le service minimal niveau détails de visages (figés) et mouvements (on a la sensation que les personnages clopinent lorsqu’ils courent), donnant au protagoniste une coiffure ébouriffée très mode (étrangement de plus en plus soyeuse au fil du récit), des sourcils ultra dessinés, et gèrant plus ou moins bien certains détails (un mauvais point pour le sable sur la peau ou les visages, un bon point pour les poils sur les mollets ou les bras). Quant à l’humour, il est quasiment absent, et on se contentera ainsi pour cela des postures et coiffures ridicules du roi Akhish, et du petit vieux voleur de sandales.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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