CUBA ET ALASKA
Le rire et l’espoir font partie de la lutte !
Synopsis du film
Surnommées « Cuba » et « Alaska », Yulia et Oleksandra sont deux jeunes Ukrainiennes qui se sont engagées comme secouristes dans le conflit contre la Russie. Malgré l’horreur, elles veulent continuer à rire et espérer…
Critique du film CUBA ET ALASKA
Diffusé le 26 février 2026 sur Arte puis sorti en salles le 27 mai (avec le court métrage "L’Œuf de Pâques" de Mykola Zasieiev en avant-programme)
Cuba et Alaska auraient pu être des personnages de la série "La casa de papel", surtout avec leur énergie insensée et leurs rires à toute épreuve (ou presque). Ces rires, qui éclatent dès le début, déstabilisent car ils sont en complet décalage avec l’image tragique que l’on a (fort logiquement) d’une guerre. Mais ce n’est pas un signe de folie, ni même d’inconscience : comme le sourire permanent de Fatima Hassouna dans "Put Your Soul on Your Hand and Walk", c’est la traduction d’une furieuse soif de vivre, doublée d’une manière de dire « merde » aux agresseurs.
Pour Yulia et Oleksandra , le rire et l’humour sont des armes de résistance pour combattre un ennemi russe qui fait tout pour déshumaniser le peuple ukrainien. Évidemment, leur vitalité est aussi une force cathartique pour surmonter les horreurs auxquelles elles font face. Et c’est communicatif, car le documentaire rend bien compte du bien qu’elles font autour d’elles, parmi les combattants : elles ne se contentent pas de porter secours ou de soigner, elles apportent une joie salutaire qui permet aux soldats d’avancer.
Filmant à la fois sur le front et à l’arrière (si tant est qu’il y ait vraiment un « arrière » puisque tout peut être bombardé par les Russes à tout moment), Yegor Troyanovsky intègre à son montage des images filmées par Cuba et Alaska elles-mêmes avec leurs portables et plus ponctuellement par d’autres personnes. Malgré toute l’énergie des deux jeunes femmes, le documentaire peut évidemment s’avérer glaçant lors de séquences effroyables. Un plan fait particulièrement froid dans le dos : par le truchement d’une caméra embarquée, on a l’impression d’avoir accès à la vue subjective d’un soldat mort au combat.
Dans l’intimité bouleversante de ce conflit, "Cuba et Alaska" nous permet de comprendre ce que c’est qu’être ukrainien depuis plusieurs années : la mort plane constamment au-dessus de leurs têtes ; la séparation avec les proches est une douleur supplémentaire ; quelques parenthèses de répit permettent d’envisager une vie normale, voire exceptionnelle comme lorsque Cuba réalise un rêve en allant à Paris pour présenter ses créations de mode. Tout au long du film, l’espoir s’accroche malgré tout et chaque moment de bonheur est une victoire immense. À travers ses deux héroïnes (de véritables héroïnes), ce documentaire est un formidable témoignage de lutte et de résilience.
Raphaël JullienEnvoyer un message au rédacteur

