Bannière Festival de Venise 2026

COTTON QUEEN

Un film de Suzannah Mirghani

Une figure d’indépendance féminine venue du Soudan

Synopsis du film

Nafisa, 15 ans, travaille à la cueillette du coton, dans une plantation au Soudan dirigée par sa grand mère Al Sit. Il s’agit en réalité d’une des dernières de coton naturel, qui fut importante dans la lutte contre les troupes coloniales anglaises. Mais Mr Tajini, arrivé de Londres, propose aux cultivateurs locaux de passer à un coton génétiquement modifié. Nafisa va alors devoir prendre position…

Critique du film COTTON QUEEN

Pays en proie à la guerre civile depuis 2023 à la cinématographie encore rare, le Soudan était représenté à la Semaine de la critique du Festival de Venise 2025 par "Cotton Queen", portrait d’une jeune ouvrière agricole, déterminée, comme elle le dira tardivement à décider «  de son futur ». Tournant autour d’une nouvelle forme de colonialisme, celle des grandes entreprises productrices d’OGM, représentées ici par Mr Tajini, qui ne cherche pas ici qu’à faire commerce, mais aussi à trouver compagne, le scénario aborde également en arrière plan d’autres sujets tels que le passé de la propriétaire, entourée de légendes, et la tradition plus ou moins persistante de l’excision.

Ponctué de cauchemars ou de visions (Nafisa voit notamment régulièrement une sorte d’ange aux ailes noires...), mais aussi d’évocations de maison hantée, "Cotton Queen" assume sa belle photographie, pour représenter la souffrance des femmes. Celle de la grand mère, synonyme d’indépendance, elle la porte dans la peau, avec ses cicatrices aux joues et aux mains, dont on découvrira l’origine à un moment du film. Alors que, épuisée, la question de sa succession devrait bientôt se poser, le film convoque un mélange de douceur de vivre (les baignades d’après cueillette…) et la pression d’un monde extérieur prêt à tout écraser par s'approprier la richesse des lieux. Un beau portrait de femme.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

BANDE ANNONCE

Laisser un commentaire