COOKIE

Un film de Léa Fazer

Une succession d’inepties parfois douteuses

Adeline, vit seule dans une grande maison depuis la mort tragique de son fils et de son mari. Un jour, sa femme de ménage chinoise disparaît, laissant son petit garçon Lee Yu, sous la protection d’Adeline...

Voilà un sujet qui aurait pu être des plus sensibles. L’histoire d’un enfant sans papiers, séparé de sa mère et recueilli par une femme meurtrie par la mort de ses proches, évoque naturellement, un tant soit peu d’émotions. Or ici, rien de tout ça. Au contraire, la réalisatrice aborde son sujet sous un angle pour le moins incongru, celui de la comédie romantique. Sous prétexte de retrouver la mère du petit garçon, le scénario se perd dans de nombreuses tergiversations au sein de la famille d’Adeline. Il met en parallèle les déboires de deux sœurs inséparables. L’une souffre d’avoir perdu sa famille alors que l’autre ne peut plus souffrir la sienne. Ajoutons à cela un ancien amant flic au grand cœur, un beau frère jaloux, une nièce mièvre, pseudo révolutionnaire et nous voilà partis dans une succession de clichés sirupeux et quelque peu déplacés compte tenu du drame que vit le petit garçon.

En effet, Lee Yu qui ne parle que chinois, va le plus souvent être un objet qu’on balade sans trop savoir qu’en faire. On l’affuble d’un surnom - « Cookie »-, alors que tout le monde sait son prénom. On le laisse dormir sur le canapé sans prendre la peine de lui installer un lit (en tout cas pas dans les premiers jours), enfin quand on remarque qu’il est grand pour son âge on nous assène des absurdités telles que « depuis qu’ils sont riches, les chinois sont plus grands ». S’en dégage un certain malaise, car cette comédie penche régulièrement du côté de la caricature douteuse des asiatiques. De plus, aucune scène n’est réellement crédible. Voilà un film où les renseignements généraux écoutent les discussions téléphoniques de deux adolescents méchés soi-disant anarchistes (précisons que les ados se téléphonent alors qu’ils sont à 10 mètres de distance). Voilà un film où on téléphone à la police avec un accent chinois ridicule pour savoir si une sans papiers a été arrêtée. Et enfin, voilà un film où on passe la douane chinoise avec un garçon de 6 ans dans sa valise (heureusement c’était un bagage cabine).

Vous l’aurez compris, « Cookie » excède par l’accumulation de ces défauts. Le résultat en est d’autant plus navrant que le discours équivoque semble totalement assumé. En ces temps difficiles où les problèmes des sans-papiers sont très souvent synonymes de détresse, voilà un film qui ne mérite qu’une chose, disparaître très vite des écrans.

Gaëlle BouchéEnvoyer un message au rédacteur

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