CONGO BOY
Un parcours capturé avec acuité
Synopsis du film
À Bangui, en Centrafrique, le jeune Robert, 17 ans, tente de passer son bac, lave des taxis pour se faire de l’argent, et s’adonne au rap. Ses parents, immigrés congolais, étant en prison, il rend visite régulièrement à son père. Il doit d’ailleurs promettre à ce dernier de persévérer afin de faire des études de médecines, et de tenter d’obtenir leur libération avec l’aide du HCR (Haut Commissariat aux Réfugiées de l’ONU). Mais Robert a d’autres rêves : il voudrait chanter…
Critique du film CONGO BOY
Remarqué avec le documentaire "Nous, étudiants !" (Berlin 2023, section Forum), Rafiki Fariala réalise son premier long métrage de fiction, en racontant sa propre success story. Un parcours d’immigré congolais en Centrafrique, parsemé d’embûches, qui est aussi l’occasion de souligner les dysfonctionnements d’un pays, l’impuissance de l’ONU ou l’UNICEF, les discriminations subies et les difficultés quotidiennes d’un garçon devant s’occuper de ses 3 sœurs et de son petit frère, en l’absence des parents, emprisonnés pour des questions de légalité. Bradley Fiomona incarne avec ferveur, une étincelle dans le regard et la persévérance chevillée au corps, le personnage central, justifiant pleinement son Prix d’interprétation masculine dans la section Un Certain Regard du dernier Festival de Cannes.
Avec acuité, Rafiki Fariala capte les discriminations (le tarif différent pour les étrangers pour passer le bac…), montre les amitiés salvatrices, souligne avec humour les petits tracas quotidiens (ici on met un cailloux pour faire la queue à sa place quand la file est longue et en plein soleil…) et dépeint l’union et la débrouillardise de la fratrie (la vente de poches d’eau, l’épisode des serviettes hygiéniques…). Célébration d’un élan de jeunesse, récit d’une autre voie possible, cet autoportrait où le personnage prendra lui-même le pseudo de Congo Boy touche par sa ferveur comme sa capacité à rendre hommage, malgré les injonctions castratrices, au parcours de parents devenus migrants en raison de la guerre.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur
