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CÓMPRAME UN REVÓLVER

L’enfant et le pistolet

Dans un futur inconnu, le Mexique est dirigé par les cartels. Dans cet environnement hostile, un père tente de protéger sa jeune fille Huck…

Le long-métrage est avant tout le récit de la survie d’une enfant dans un monde où il est compliqué d’en être un, d’autant plus si l’on est une petite fille. Cette gamine, c’est Huck que son père (musicien et gardien d’un terrain de baseball) protège en lui faisant porter un masque. Dans le même temps, il souhaite retrouver sa femme et sa fille aînée enlevées par les narcotrafiquants.

Ici, le réalisateur s’intéresse avant tout aux enfants baignant dans un monde violent. Si ces derniers possèdent encore une part d’innocence, ils sont également acteurs de cette violence mais avec des moyens de défense rudimentaires (une catapulte fait de bric et de broc, par exemple) comparés aux armes des cartels. Si cette violence est latente, elle n’explose que rarement et quand c’est le cas, elle n’est pas montrée dans son ensemble, contrairement aux conséquences.

L’environnement est aride et ne propose aucune échappatoire pour les protagonistes. Cependant, le réalisateur ne met pas assez en valeur ces paysages désertiques. Toutefois, de sympathiques trouvailles de mise en scène sont à noter comme la vue du carnage final, avec les cadavres dessinés à la manière d’une illustration pour enfants, et deux moments de tension plutôt bien construits. On notera, tout de même, un dernier acte dans lequel l’innocence de l’enfance finit par se perdre lorsque la survie est en jeu et qu’il y a une menace pour le groupe.

Le point de départ du long-métrage de Julio Hernandez Cordon est intéressant, cependant, plusieurs points restent sans réponses : pourquoi l’emprisonnement des enfants par les cartels ? que font-ils des femmes ? Comment survit le groupe d’enfants ? De plus, le scénario évacue de façon trop simpliste dans sa dernière demi-heure l’un des personnages principaux. Pour ce qui est des protagonistes, les narco-trafiquants sont globalement menaçants mais ont très peu d’épaisseur, ce qui est le cas pour quasiment tous les personnages du film, à l’exception de Huck qui reste intéressant. Enfin, l’ambiance générale de ce dystopique peine à fonctionner véritablement.

Certes, "Cómprame un revólver" présente un point de départ scénaristique intéressant et quelques moments de tension bien construits, mais il ne développe suffisamment pas l’environnement de ce futur hostile ni les traits de ses personnages, ternissant malheureusement le tableau final.

Kevin GueydanEnvoyer un message au rédacteur

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