COMPOSTELLE

Un film de Yann Samuell

Un road movie de l'introspection et de l'estime de soi

Synopsis du film

Adam est un adolescent délinquant récidiviste qui risque la prison pour un énième acte de violence. Une association accompagnant les adolescents en difficulté lui offre une dernière chance, celle de faire amende honorable en effectuant le pèlerinage de Compostelle. Sur le chemin il sera chaperonné par Fred, enseignante en lycée qui connaît bien les adolescents turbulents pour en avoir giflé un, ce qui a conduit à sa mise à pied…

Critique du film COMPOSTELLE

Il y a des films qui nous donnent envie, une fois sortis de la salle obscure, de ne surtout pas retourner s'enfermer pour une deuxième séance, mais au contraire de nous exposer au grand air et de voir du pays. Le nouveau film de Yann Samuell ("La guerre des lulus", "Le fantôme de Canterville") est de ceux-là. Fort des paysages splendides qui font la renommée du chemin de Compostelle, superbement mis en valeur par la caméra du cinéaste, le film est un véritable plaisir pour les yeux et une invitation au voyage qu'on aurait du mal à refuser.

De la cathédrale du Puy en Velay jusqu'au cap Finisterre, en passant par Conques ou encore Cahors, c'est à la recherche d'eux-mêmes que partent les deux protagonistes. Si le pèlerinage a évidemment une origine religieuse, les pèlerins se sont aujourd'hui réappropriés « el camino » pour en faire une épreuve du dépassement de soi et de l'introspection. Pour Adam, réussir le chemin c'est se prouver qu'il en est capable et qu'il vaut mieux que l'image d'ado à problèmes qu'il se plaît à renvoyer. Tandis que Fred cherche à se faire pardonner ses erreurs, en tant que mère, en tant qu'épouse et en tant que prof de lycée.

En cela les deux héros se ressemblent profondément, malgré des différences de surface. Leur soutien mutuel sera la condition sine qua none de la réussite de leur projet, surtout pour le jeune homme qui n'a pas la maturité nécessaire pour entreprendre un vrai travail d'introspection par sa seule volonté. C'est davantage au contact des autres qu'Adam réussira à révéler le meilleur de lui-même. Une morale gentillette qui ne va pas révolutionner les codes du genre et qui peine même parfois à convaincre tant les rencontres sont rocambolesques. Entre un éleveur auvergnat fan de rap, des moines bénédictins étonnamment souples et une randonneuse avec une jambe prothétique, on frôle souvent la limite du vraisemblable. De quoi nous gâcher quelque peu le voyage, mais comme les protagonistes on gardera un bon souvenir de l'expérience.

Benjamin BidoletEnvoyer un message au rédacteur

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