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COME EARLY MORNING

Un film de Joey Lauren Adams

Lucy, amour et country music…

Dans une petite ville des Etats-Unis, Lucy survit seule, sans mari ni enfant. Lucy a ses habitudes : elle écume les bars la nuit, boit de la bière comme un homme et joue au billard avec eux. Sa vie sentimentale est un gouffre : elle ne fréquente jamais le même mec deux jours de suite. Lucy a des comptes à rendre avec les hommes de sa vie : son père pour commencer et Cal, celui qui va peut-être changer le cours de son existence, l’amour se dessine sous ses traits, il suffit d’y croire…

Les machos passeront leur chemin, loin de ce film qui met en scène la vie de Lucy, femme de poigne et de caractère qui manie mieux la queue de billard que le manche à balai. Le genre de femme que les hommes n’impressionnent guère ! Pour son premier film, Joey Lauren Adams porte son regard sur les femmes trentenaires restées au stade post-adolescent « sans compagnon fixe » avec ce petit plus qui la différencie des autres : elle a toujours une bouteille de bière à la main ! Il faut dire que la vie de notre héroïne ne lui a pas fait de cadeau et que celle-ci ne semble plus croire au bonheur. Un personnage qui s’apparente beaucoup à celui de « Sue perdue à Manhattan », qu’avait créé Amos Kolleck il y a quelques années, retranscrit ici dans l’Amérique profonde.

Ashley Judd interprète brillamment ce garçon manqué qui manque tous les garçons ! Elle porte sur elle la masculinité, tant sur son visage que de par son allure et ses réactions. Les situations s’enchaînent parfois sur un rythme trop pépère mais elles donnent à Ashley Judd les occasions qu’il faut pour développer son personnage qui révèlera rapidement une couche tendre sous son enveloppe de dure à cuire. A ses côtés, Jeffrey Donovan joue le beau ténébreux qui fait chavirer son corps, et nos têtes, le genre d’iceberg qui bouscule le cours d’une vie : y-aura-t-il naufrage encore cette fois-ci ? Joey Lauren Adams répond intelligemment à cette question. Elle fait mûrir son personnage, lui fait franchir un cap mais ne peut tout régler en une histoire… On sort donc forcément frustré de la projection, même si on ne pouvait pas mieux espérer pour ne pas tomber dans une mièvrerie sentimentale.

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

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