COLD STORAGE
Toujours se méfier des champignons qui dorment
Synopsis du film
Un micro-organisme mutant et particulièrement dangereux réussit à s’échapper de sa zone de stockage. Le sort de l’humanité va alors reposer sur deux jeunes employés et un ex-agent de l’anti-bioterrorisme. Et ce n’est pas gagné pour nous…
Critique du film COLD STORAGE
Dès les premières minutes, on comprend immédiatement où se situe "Cold Storage" sur l’échelle de l’exactitude scientifique. Ici, vous pouvez oublier vos leçons de chimie, et même votre bon sens, tous les curseurs sont placés du côté du pur divertissement, où la raison s’efface au profit de séquences survitaminées riches en hémoglobines. Le postulat de départ est passe-partout et caractéristique de ce type de productions : une menace va s’échapper et mettre en péril l’avenir de l’humanité.
Plus précisément, le danger prend la forme d’un micro-organisme terriblement dangereux et donc rationnellement enfermé dans une installation militaire hautement protégée. Moins logique, cette base secrète a été en partie revendue à une société de stockage, et du fait de l’augmentation des températures, ne voici donc pas que notre champignon tueur va vite trouver le moyen de s’échapper. Généreusement gore et volontairement outrancier, le film de Jonny Campbell est une série B assumée, consciente d’elle-même et jouant ainsi à fond la carte de l’auto-dérision pour nous faire passer la pilule.
Si le résultat a le mérite d’amuser à plusieurs reprises, il ne peut empêcher le scénario de tourner en boucle et de se rapprocher irrémédiablement du grotesque. Évidemment prévisible, le voyage cinématographique ne repose que sur la prestation de ses comédiens, le duo Joe Keery et Liam Neeson réussissant à faire quelques étincelles, le premier en jeune fougueux insouciant, le second en vieux sage à l’air grave, qu’un mal de dos chronique préserve désormais des cascades les plus périlleuses.
Dans cette joyeuse bande, les cinéphiles auront même la gaieté et la surprise de voir débarquer Vanessa Redgrave (oui l’actrice de "Blow-Up", "Marie Stuart, Reine d'Écosse" ou encore "Julia") pour participer à un spectacle certes caricatural, mais pas totalement dénué d’intérêt. Grâce à son rythme soutenu et la multiplicité de ses gags, le métrage finit même par lorgner du côté du plaisir coupable qu’on pourrait apprécier un soir d’hiver. Envie d’un détour par la chambre froide ?
Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur
