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THE CLOVERFIELD PARADOX

Un film de Julius Onah

Un troisième opus fade et stéréotypé

En 2028, la crise énergétique est à son comble et des conflits majeurs couvent sur toute la planète. Une mission spatiale internationale est toutefois mise en œuvre pour développer un projet d’accélérateur de particules qui deviendrait une source infinie d’énergie. Après un nouvel échec de l’expérience, la Terre semble avoir disparu et les scientifiques à bord de la station sont confrontés à une série d’évènements étranges…

Sortie sur Netflix le 4 février 2018

En 2008, J. J. Abrams et sa société Bad Robot produisaient "Cloverfield", qui inaugurait une excitante franchise en proposant un remarquable film de monstres sous la forme d’un faux found footage. En 2016, c’était au tour de "10 Cloverfield Lane", un très bon thriller psychologique en huis clos, dont le surprenant final permettait de faire un lien avec le premier opus. Il ne s’agissait pas d’une sequel au sens strict et cela nous changeait de la sempiternelle habitude des suites sans saveurs. Autant dire que le troisième volet était attendu.

Peine perdue. "The Cloverfield Paradox" se présente comme une robinsonnade spatiale, quelque part entre "Perdus dans l’espace" et "Seul sur Mars" (avec Aksel Hennie comme autre point commun côté casting), sur fond d’univers parallèles, d’enjeu post-apocalyptique à la "Interstellar" ou "Sunshine", et de phénomènes inexpliqués qui flirtent avec la saga "Alien" et les nombreux succédanés de périls cosmiques plus ou moins monstrueux. Outre les multiples impressions de déjà-vu, le film se perd dans des intrigues qui se télescopent et qui sont parfois insuffisamment développées voire quasiment abandonnées – la relation entre les personnages de Daniel Brühl et Zhang Ziyi est à peine ébauchée, le plan sur le baby-foot qui change de couleur n’est pas exploité par la suite, etc. On perd d’autant plus le fil que les situations versent facilement dans le grand n’importe quoi, avec pour seule explication simpliste que le chevauchement de deux univers parallèles engendrerait tous les dysfonctionnements possibles, qu’il ne serait donc pas utile d’expliquer ou de rendre crédibles. Ajoutons à cela une qualité hétéroclite de l’interprétation, avec un Daniel Brühl décevant et un Chris O’Dowd trop décalé dans l’humour, ce qui a tendance à annihiler la tension de certaines scènes. Quant à la fin, elle est bien plus prévisible que celles des deux premiers films de la franchise. Précisons aussi qu’il est difficile de connecter logiquement et chronologiquement les trois films, celui-ci se déroulant en 2028 alors que le premier se situe en 2007. Peut-on espérer que le quatrième épisode renverse la tendance et apporte de la cohérence à l’ensemble ?

Raphaël JullienEnvoyer un message au rédacteur

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