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CLAUSTROPHOBIA

Un film de Ivy Ho

Un film à part !

Pearl travaille dans une société de Marketing isolée du centre de Hong Kong. Chaque soir, Tom le patron de la société la raccompagne en voiture avec 3 de ses collègues. Malgré une attitude pudique et réservée, elle et lui semblent très proches. Que s’est-il passé la semaine précédente, un mois plus tôt, 6 mois auparavant pour engendrer une situation si ambiguë ?

Premier film de la scénariste Hong-kongaise Yvy ho, “Claustrophobia” est construit avec une chronologie inversée. Une succession, à rebours, d’instants qui révèlent l’attachement de Pearl pour son patron. Un procédé original puisqu'on sait, dès les premières minutes, ce qu’il en est et qu’on découvre par la suite les étapes par lesquelles sont passés les personnages. Mais le plus novateur dans ce film est qu’il ne décrit pas réellement une histoire d’amour, mais les sentiments qu’éprouve Pearl.

Juste suggérés, ceux-ci se dévoilent au travers de 7 moments, où des événements de natures différentes les font évoluer. Pearl n’est pas une fille timide, elle est simplement consciente que l’amour qu’elle peut éprouver pour Tom n’est peut être pas réciproque et que la situation est délicate, vu que ce dernier est marié et père de famille. Or les sentiments sont là, et même si certaine fois, résignée, elle subit les événements, d’autres fois, elle fera en sorte de provoquer le destin afin de pouvoir enfin exister.

L’amour platonique, est un sujet bien risqué au cinéma, car par définition, il ne se passe pas grand chose. Un défaut qu’il serait aisé de reprocher à ce film, et pourtant “Claustrophobia” réussit à nous charmer par une mise en scène très épurée et contemplative. Une voiture qui passe sous les trombes d’un typhon, quelques mots prononcés pendant le sommeil de l’autre… fragiles instants distillés habilement dans le récit par une écriture fine et dépouillée. Un film à part, qui, si il peut décontenancer son public au premier abord, ne laisse guère indifférent, à l’image d’un bon vin qu’il faut laisser chambrer.

Gaëlle BouchéEnvoyer un message au rédacteur

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