CHRONICLES FROM THE SIEGE
Un premier long percutant
Synopsis du film
Gaza, sous les bombes. Alors que le vieux M. Arafat s’est fait arracher des mains le sac d’aide alimentaire qu’il avait pu récupérer à l’arrière d’un camion, le jeune Youssef lui amène de la nourriture chez lui. C’est l’hiver, la neige est là. Aidé de trois amis, Youssef tente d’arriver, en perçant les murs afin d’éviter de passer par la rue où sévissent des snipers, jusqu’au local du charpentier, afin de récupérer du bois. Mais ils tombent sur le vidéo club que gérait M. Arafat…
Critique du film CHRONICLES FROM THE SIEGE
Prix du meilleur premier film au dernier Festival de Berlin, "Chronicles for The Siege" est une chronique de la guerre à Gaza, sous forme de fiction, voulue au plus près de quelques habitants, obligés de survivre dans les décombres. Définissant cette guerre comme un siège, avec ses deux facettes, matérielle et psychologique, dès le début, lorsque le groupe de 4 jeunes n’a d’autre option que de passer la nuit dans un vidéo club abandonné, Abdallah Alkhatib réussit un film à la fois tendu et émouvant. Parvenant même à distiller quelques touches d’humour dans un pareil contexte, il dresse le portrait d’un lieu dévasté, où l’on récupère ce qu’on peut dans les appartements éventrés, où une cigarette se partage à 5 et a autant de valeur qu’un frigo ou une télé, où l’on se douche avec un bidon d’eau, et où l’amour tente de surnager.
Suivant principalement le personnage de Youssef, qui filme autour de lui, et se révolte lorsqu’une cassette vidéo sert de combustible, l’intrigue fait aussi intervenir, de manière récurrente, le personnage de ce vieil homme, M. Arafat, affamé dans son appartement, suivi par des enfants dans la rue, en fauteuil roulant à l’hôpital, pour mieux incarner l’ignominie de frappes hasardeuses et des comportements en temps de guerre. Rappelant la valeur de l’immatériel, du plaisir culturel et de la mémoire locale, "Chronicles from The Siege" se clôt dans une séquence d’hôpital des plus saisissantes, par quelques remarquables plans séquences et des scènes choc où le seul mot qui compte est la survie, et ponctuellement l’entraide.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur
