CHRISTY
Parce que même les championnes de boxe ont besoin d'un MeToo
Synopsis du film
Au début des années 90, Christy Martin se découvre par hasard un talent pour la boxe. Elle accède rapidement au titre de championne du monde et domine le circuit pendant près d’une décennie. Mais entre un mari violent et une mère castratrice, son combat le plus difficile sera celui de l’affirmation de son homosexualité…
Critique du film CHRISTY
On connaît David Michôd pour son excellent premier film "Animal Kingdom", dont naîtra également sous sa houlette une série diffusée entre 2016 et 2022, ainsi que pour avoir livré deux films Netflix au succès plus que mitigé, "War machine" et "Le roi". Le cinéaste, au goût évident pour les personnages de combattants, voire de guerrier, revient assez naturellement avec le biopic de Christy Martin, sans doute la plus grande championne de l'histoire de la boxe féminine. Certes une histoire assez récente si on considère que les femmes ont longtemps été exclues de la pratique du maître des sports de combat. De ce fait, Christy Martin a marqué de nombreuses premières fois. Elle fut la première boxeuse a signer avec le célèbre promoteur de boxe Don King (manager de Mohammed Ali, Joe Frazier ou Mike Tyson) ou encore la première à faire la couverture de Sports illustrated, plus grand magazine sportif outre Atlantique.
Pourtant il apparaît vite évident au spectateur que "Christy" sera moins un film de boxe à la "Rocky", ou même à la "Million dollar baby", qu'un film sur les violences dont la championne a été la cible de la part de son mari et entraîneur, Jim Martin (interprété avec brio par un Ben Foster qu'on adore détester). Le film s'ouvre sur la relation homosexuelle que la jeune adolescente entretient avec une camarade de lycée. Une relation que sa famille va s'empresser de saboter, pour son bien évidemment. Commence alors à se dessiner le portrait d'une femme soumise au diktat de la société et de ses normes, la poussant à accepter un mariage de convenance avec son entraîneur, de 25 ans son aîné, qui d'ailleurs n'ignore pas son homosexualité et saura s'en servir à son profit.
À défaut d'être subtil, l'image de la boxeuse qui ne parvient pas à rendre les coups en dehors du ring est intense. On remerciera David Michôd de ne pas trop appuyer sur ce levier pour sur-dramatiser une histoire qui n'en a guère besoin. Les faits parlent d'eux même. Révélant un point de vue pertinent sur les violences conjugales, moins dues à une supériorité physique d'un des conjoints mais bel et bien à une emprise psychologique qui s'enracine profondément. Sydney Sweeney, dont la transformation est bluffante, campe à merveille cette femme tour à tour terreur du ring et épouse impuissante. Une ligne de plus sur le CV d'une actrice qu'on aurait cru cantonnée à un genre de rôle et qui ne cesse de nous surprendre.
Benjamin BidoletEnvoyer un message au rédacteur

