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CHRISTIAN CLAVIER : LA VIS COMICA

Un film de David Serero

Un art de la comédie mal reconnu

Synopsis du film

Retour sur la carrière de Christian Clavier et son don pour la comédie, au travers d’interviews, d’extraits de pièces de théâtre et de films, et de témoignages concernant à la fois son jeu d’acteur et ses qualités d’écriture…

Critique du film CHRISTIAN CLAVIER : LA VIS COMICA

D’abord homme de théâtre, c’est logiquement sur un rideau rouge (malheureusement numérique) que s’ouvre ce documentaire entièrement dédié au talent de Christian Clavier. On découvre que c’est l’acteur Michel Bouquet qui, vu dans la pièce "Pauvre Bitos" de Jean Anouilh, lui aura donné l’envie de jouer. Une inclinaison pour le jeu qu’il avouera lui-même partager, dans une tentative de moitié-moitié de son temps, avec l’écriture, d’abord avec la troupe du Splendid ("Le Père Noël est une ordure", "Les Bronzés font du ski"...), ensuite avec Martin Lamotte ("Papy fait de la résistance", "Twist again à Moscou"…), puis avec Jean Marie Poiré ("Les Visiteurs" et ses suites, "Les Anges Gardiens"...). Défilent ainsi devant la caméra, ses complices souvent retrouvés d’un film à l’autre, que ce soit dans des témoignages plus ou moins courts (Marie-Anne Chazel, Thierry Lhermitte, Patrice Leconte, Alain Chabat…) ou au travers d'archives parfois émouvantes (Tsilla Chelton, Gérard Depardieu…).

Ponctué de nombreuses interviews de Clavier lui-même, parfois étrangement montées avec des changements de lieux dans ce qu’on pourrait prendre pourtant comme un enchaînement de phrases, le film met en évidence le plaisir pris dans les contre-emplois, loin des rôles de bourgeois, comme son appétence pour le drame (les séries "Les Misérables" et surtout "Napoléon", "Le Prix à payer", "Un sac de Billes"…). Le plus intéressant est sans doute l’approche et le discours de fond sur la comédie, genre populaire mais mal considéré, qui demande pourtant rythme dans l’écriture comme dans le jeu, une intensité peu naturelle lors des gros plans, et sur lequel Clavier ne tarit ni de principes ni d’anecdotes. Si l’on se demande l’utilité d’un split-screen pour à peine agrandir la vue sur un portable tenu à la main, le documentaire remplit son rôle d'hagiographie de l’acteur-auteur, ne cachant pas quelques échecs ("Mes Meilleurs Copains"…), passant sous silence la réception de certains ("L'Enquête Corse", "Astérix et Obélix contre César"), pour mieux décortiquer quelques clés du succès. Au final, si l'on savait déjà que Christian Clavier avait « la force comique » (attribut qu'on aurait préféré au titre « la Vis Comica »), le documentaire à le mérite de retracer une carrière dense et de souligner l'importance de l'homme dans le domaine de la comédie au cinéma.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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