CHERS PARENTS

Un film de Emmanuel Patron

Une comédie intelligente sur le rapport à l’argent, portée par un quintette d’interprètes tous formidables

Synopsis du film

Pierre, Louise et Jules arrivent ensemble en panique dans un joli petit mas, résidence de leurs parents. Il faut dire que ceux-ci leur ont demandé de venir d’urgence. Mais au-lieu de leur annoncer une mauvaise nouvelle, ceux-ci leurs indiquent qu’ils vont partir s’installer au Cambodge, où ils comptent ouvrir un orphelinat. Ceci avant de leur révéler, en partie sous la contrainte, qu’ils ont en fait gagné à la loterie…

Critique du film CHERS PARENTS

Les comédies sur les gagnants à la loterie se succèdent mais ne se ressemblent finalement pas. Après l’hilarant film à sketchs récompensé à l’Alpe d’Huez par le jury des moniteurs, "Heureux Gagnants", où l’argent était maudit, puis deux navets intitulés "Le Million" et "100 Millions", voici que le sujet est revenu en ouverture de l’Alpe avec "Chers Parents". Et le film est une réelle bonne surprise, s’éloignant résolument de films comme "À l’Ancienne" ou "Les Tuche", pour donner à réfléchir, par vagues féroces, sur la distorsion subie par les liens familiaux face au vertige des chiffres. Le point de départ est finalement assez simple : si chacun a forcément des envies, liées à une somme d’argent soudainement acquise, le couple de parents a ici décidé de ne pas y céder et de poser une question simple à leurs 3 enfants : quelle somme vous rendrait heureux ? Chacun va d’abord répondre selon sa situation, sa honte de quémander de l’argent, ses ambitions, qu’elles soient oisives ou entrepreneuriales. Avant que bien entendu la situation ne dégénère en une guerre de tranchée entre enfants et parents, chacun y allant de son petit sadisme, alors que les positions de pouvoir fluctuent.

Finement dialogué, "Chers Parents" empile au départ des quiproquos dignes de pièces de boulevard (normal, le film est adapté d’un pièce ce théâtre), avant de jouer sur des termes comme « transmettre » ou « équité » au travers de situations qui font en partie ressortir le pire de chacun. Le basculement que constitue la balade à vélo, virant à la course effrénée où la posture d’Arnaud Ducret enfonce le clou côté sur l'aspect gamineries de l'attitude de son personnage, ouvre la voie à de grands moments de comédie questionnant tout de même le rapport nocif à l’argent, la capacité à rêver encore, et bien sûr l’honnêteté. Rapidement on se prend d’affection pour les personnages, des parents goguenards (André Dussollier semble particulièrement s’amuser), aux enfants, qu’il s’agisse de Louise dite Loulou, jouée par Pauline Clément, toujours prête à être conciliante ou à faire plaisir mais seule (« seul Jean Pierre - son chat - laisse des poils dans (son) lit » !), de Jules, critique sans le sou peinant à s’affirmer ou faire preuve de courage, interprété par Thomas Solivères, ou de Pierre, ainé grande gueule à l’esprit de requin, joué par un Arnaud Ducret inspiré. Avec une fin à l’ironie sympathique, mais un message de fond plutôt éclairé sur la manière dont l’argent rend fou mais peut aussi changer des vies, "Chers Parents" s’affiche déjà parmi les favoris d’une compétition de l'Alpe d'Huez 2026 qui promet de beaux moments.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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