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C’EST ICI QUE JE VIS

Un film de Marc Recha

Le renard et l’enfant

Arnau est un jeune homme de 17 ans dont la mère est en prison. Il vit avec sa sœur et son compagnon dans la banlieue paysanne de Barcelone et se passionne pour son petit chardonneret qu’il fait chanter lors de divers concours. Lorsqu’il remporte un grand prix grâce à son oiseau, Arnau se prend à rêver de recueillir assez d’argent pour engager un avocat...

Au regard du synopsis affiché dans le dossier de presse, on s’attendrait à suivre un jeune se démenant pour trouver un moyen de libérer sa mère. Que nenni ! On assiste plutôt à une ode à la nature avec cet Arnau qui semble plus se soucier des animaux qu’il recueille que de l’amour qu’il porte à sa mère captive. Aucune scène n’étaye la relation mère / fils lors d’éventuelles visites au parloir. Le jeune homme fait plus figure de fils dépassé par les événements, rêvant de gagner l’argent qui résoudrait tous ses problèmes, mais sans pour autant s’en donner les moyens. Ainsi, Arnau sourcille à peine lorsqu’il se rend compte qu’il s’est fait subtiliser son argent fraîchement gagné aux paris de courses de lévriers. L’acteur principal joue, de cette façon, dans une certaine inertie léthargique que l’on aurait bien envie de secouer !

Dès lors, la tension est complètement absente. On reste dans le contemplatif et l’impression de suivre indéfiniment un gamin errer dans les champs et sur les bords de rivières se fait de plus en plus forte. L’ennui guette. De temps en temps, entre deux promenades et trois paris de courses, une petite piqure de rappel vient signifier qu’il a toujours sa mère derrière les barreaux. Au fond, Marc Recha veut monter l’impuissance d’Arnau face à un système dont il comprend mal les rouages.

Comme à son habitude, le réalisateur s’attache finalement plus à filmer son environnement que ses personnages principaux. En cinéaste naturaliste, il contemple les étendues de la campagne aux abords de Barcelone qui se font, petit à petit, envahir par les chantiers de la métropole. Au bout d’une heure de film, on finit par oublier le postulat de départ et l’on s’éprend de la relation qu’entretient Arnau avec son petit renard, ce qui, n’en déplaise au synopsis officiel, est peut-être finalement la seule histoire du film.

Alexandre RomanazziEnvoyer un message au rédacteur

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