CERTAINS L'AIMENT CHAUVE

Un film de Camille Delamarre

Une comédie rafraîchissante (surtout pour le crâne)

Synopsis du film

Lorsque Zak perd sa petite, puis son travail, c’est le début de la déprime. Mais lorsqu’il s’aperçoit qu’il perd ses cheveux à tout juste trente ans c’est la panique totale. Sur les conseils de son oncle qui est passé par là il y a plusieurs années, il entame plusieurs traitements pour échapper à la calvitie…

Critique du film CERTAINS L'AIMENT CHAUVE

Camille Delamarre, parti à Hollywood réaliser quelques films d’action Michael Bayesques ("Brick Mansions", "Le transporteur : héritage") effectue son retour en France et sur un terrain où on ne l’attendait pas, celui de la petite comédie franchouillarde. Et pour ce faire il s’entoure d’une brochette d’acteurs (Kev Adams, Michaël Youn, Rayane Bensetti) qui sont parfaitement là où on les attendait. Signalons également la présence d’Antonin Fourlon au scénario, lui qui s’était fait connaître en co-réalisant "Chasse gardée", petit succès au box-office qui connaîtra une suite dont la sortie est prévue en décembre.

"Certains l’aiment chauve" partait d’une intention louable, celle de dénoncer cette dictature de l’apparence qui fait que la calvitie est une préoccupation majeure pour les hommes qui en sont atteints. Et il y a sans doute un fond de vérité dans ce postulat. Tout le monde a dans son entourage quelqu’un qui a mal vécu de voir sa tignasse se clairsemer. Mais prendre le parti de traiter le sujet par l’absurde, comme le fait souvent la comédie de caractère, entraîne l’histoire vers la caricature grossière qui dessert le propos. Quand le protagoniste semble plus atteint par sa calvitie que par sa rupture ou la perte de son emploi, on y croit à moitié. Et quand il entreprend de suivre les conseils de son oncle qui a fait fuir sa propre famille à cause de sa monomanie pour les cheveux, on y croit encore moins. Ce qui est encore plus grave c’est que même le contre discours n’est guère rassurant. Ceux qui vivent une calvitie sereinement le font parce qu’ils fréquentent un cercle de parole, style les alcooliques anonymes. Comme si le fait de perdre ses cheveux entraînait nécessairement une crise existentielle. On n’y croit toujours pas.

Mais on demande avant tout à une comédie d’avoir quelques gags qui font mouches. Et fort heureusement "Certains l’aiment chauve" s’avère sur ce point être une comédie plus drôle qu’intelligente, qui repose beaucoup sur la performance de Michaël Youn. Son personnage de chanteur renvoie inévitablement au souvenir de ses nombreux autres rôles du même genre. On pense évidemment à Fatal Bazooka (dont on attend la suite des aventures l’année prochaine), à Alphonse Brown (le fils caché de James Brown dans "La Beuze") ou encore à son groupe parodique Les Bratisla Boys (interprète du tube « Stach stach »). Il campe ici le chanteur de Megaveuch, un pseudo groupe de black métal dont le titre phare s’intitule « Comme Samson », en référence au personnage biblique qui tirait sa force de sa chevelure. Une chanson qui restera dans les mémoires, bien plus que le film lui-même.

Benjamin BidoletEnvoyer un message au rédacteur

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