Banniere Festival de Cannes 2021 sélection quotidiennes critiques

LE CERCLE – RINGS

Une saga en bout de course

Julia est belle, jeune et surtout très amoureuse de son petit ami Holt. Oui mais voilà, ce dernier part à la fac alors que la jeune fille reste dans leur ville d’origine. Un jour, durant un de leur rendez-vous Skype quotidien, elle se rend compte que quelque chose ne va pas. Holt aurait-il des problèmes ? Pour comprendre ce qu’il se passe, Julia part retrouver son amoureux. Ce n’est qu’alors qu’elle prend conscience de la menace qui pèse sur lui, et bientôt, sur elle…

Après Ring et Ring 2 de Hideo Nakata, respectivement sortis en 2001 et 2002, après le remake américain Le Cercle – The Ring de Gore Verbinski sorti en 2003 et sa suite Le Cercle 2 réalisé par Hideo Nakata et sorti en 2005, F. Javier Gutiérrez reprend donc le flambeau avec Le Cercle – Rings. Car la saga Ring reste un vrai succès commercial à défaut d’être demeurée une réussite artistique. Quel ado des années 2000 n’a pas vu Naomi Watts enquêter sur la mystérieuse vidéo de Samara ? Une enquête menée avec un objet aujourd’hui disparu, un magnétoscope ! Oui mais voilà, de nos jours il n’est plus question de VHS et de bande magnétique. De fait, la copie, nécessaire à la « transmission » de la malédiction, fonctionne beaucoup moins bien. La cassette vidéo n’est plus et la dématérialisation de la vidéo fait perdre pas mal de crédibilité et de charme au concept du film. Faire une copie d’une VHS c’était long, il fallait du matériel et on ne pouvait la donner qu’à une personne ! Aujourd’hui on peut envoyer la mort en pièce jointe… Et si quelqu’un partageait la vidéo sur Facebook ou sur YouTube, vous imaginez l’hécatombe ?!

Mais l’anachronisme du concept n’est pas le seul aspect du film qui perd un peu le spectateur. En effet, ce ne serait pas exagérer que de dire que le film part dans tous les sens ! La brûlure causée par le combiné du téléphone – filaire, pour garder un côté vintage ou que sais-je – dans la main de l’héroïne se révèle être une inscription en braille, Julia a des visions qui se révèlent être la mère de Samara kidnappée par un prêtre pervers… Enfin bref, parmi toutes ces révélations plus ou moins intéressantes – plutôt moins que plus d’ailleurs – on ne sait plus où donner de la tête.

Visuellement il n’y a pas grand-chose à dire. C’est très classique, presque sans âme, bref, ça sent le film de studio aseptisé à plein nez. On le ressent bien, malgré l’utilisation de la même bande-son et de la même vidéo tueuse – ou presque, les puristes remarqueront quelques différences – on ne retrouve pas le charme qu’avait la saga au début des années 2000. Est-ce que cela tient à la réalisation ou au fait que l’histoire fonctionne beaucoup moins bien avec les technologies de 2017 qu’avec celles d'il y a 20 ans ? Difficile à dire, c’est sans doute un peu des deux. Mais le fait est là, le duo Naomi Watts/Martin Henderson nous avait donné beaucoup plus de frissons que les jeunes Matilda Lutz et Alex Roe. Ring, l’une des plus célèbres sagas de l’histoire du film d’horreur, ne méritait pas de finir – ou pas d’ailleurs, on n’est pas à l’abri d’un reboot ou d’un prequel – sur ce que l’on pourrait appeler « un film de trop. »

Adrien VerotEnvoyer un message au rédacteur

À LIRE ÉGALEMENT

Laisser un commentaire