Parce qu'on en a jamais assez !

CANINE

La Grèce sort les crocs

Un couple élève ses trois enfants dans sa grande villa aux palissades hautes. Les adolescents ne sont jamais sortis. Les parents leur ont, en effet, enseigné qu’ils pourront partir le jour où leur canine tomberait… et qu’ils pourront apprendre à conduire le jour où leur canine repoussera. Les enfants vivent donc dans leur propre monde, mais cherchent à comprendre celui qui les entoure…

Pour celles et ceux qui recherchent l’originalité et veulent être bousculés, ce nouveau film grec, « Canine », est fait pour eux. Imaginez une famille vivant dans une banlieue et dont les enfants ne sont jamais sortis de leur maison… Depuis une quinzaine d’années, leurs deux filles et leur garçon sont élevés dans l’isolement le plus total et ont appris, ces années durant, ce que leurs parents ont bien voulu leur enseigner. Notamment, ils croient que le monde extérieur est truffé de monstres sanguinaires (à l’image des chats qui s’infiltrent dans la propriété), que les avions passant au-dessus d’eux ne sont que des jouets miniatures et que les zombies sont de petites fleurs jaunes ! Seul contact avec l’extérieur, une vigile (collègue du père) payée pour assouvir les besoins naturels de l’aîné…

L’originalité du propos rappelle des films comme « The Truman show » (Peter Weir) ou « Le Village » (M. Night Shyamalan), dans lesquels la manipulation d’innocents conduisait au bannissement de la connaissance et des libertés. Et c’est d’ailleurs sous cet œil qu’il faut voir ce film du Grec Yorgos Lanthimos. Plus qu’une critique de nos modes d’éducation, il est un avertissement des risques liés aux discours, comme par exemple ceux des sectes ou de certains régimes totalitaires… voire plus généralement de tous ceux qui nous mènent là où ils veulent nous diriger.
Yorgos Lanthimos questionne sur ces rapports entre manipulés et manipulateurs, enfants et parents, enseignants et élèves. Doit-on tout croire de ce que nous apprenons ? Où est la naïveté et où se situe l’auto-critique ? Nos modèles portent-ils la bonne parole ? L’inné peut-il prendre le dessus sur l’acquis ?

Ce Prix Un certain regard à Cannes 2009, a de quoi alimenter les discussions à la sortie de la projection. On pourra simplement regretter certains traitements cliniques avec des plans souvent trop théâtraux, même si la mise en scène est particulièrement soignée. Il annonce en tout cas que Théo Angélopoulos n’est plus la seule figure du cinéma grec et que Yorgos Lanthimos en est un nouveau digne représentant.

Anthony REVOIREnvoyer un message au rédacteur

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Bande annonce par Filmtrailer.com

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