CADET

Un film de Adilkhan Yerzhanov

Se conformer ou mourir

Synopsis du film

Lorsque sa mère obtient un poste d’enseignante dans une académie militaire réputée stricte, son jeune fils est contraint de suivre sa scolarité au même endroit. Harcelé par ses camarades, il commence alors à développer un comportement inquiétant…

Critique du film CADET

L’un des vainqueurs du palmarès du Festival Gérardmer 2026, avec l’un des prix du Jury ex-aequo et le prix de la critique, est une œuvre étonnante, dense et effrayante. On y suit l’histoire d’une famille monoparentale aux relations plutôt troubles : la mère est assez distante et son fils Serik est un garçon en demande d’affection que les autres adultes trouvent troublé et pas assez « homme ». Le malaise commence dès que l’on voit ces deux personnages ensemble à l’écran : l’amour inconditionnel semble à sens unique, du fils vers la mère. Le décor, ensuite, commence lentement à nous étouffer : une académie militaire entourée de neige dans un pays d’ex-URSS, qui enseigne à ses élèves la gloire du régime et une franche réécriture de l’Histoire à son avantage, ou un petit appartement dans une tour grise rempli de cartons d’une vie pas encore déballée.

Le réalisateur prend son temps pour nous laisser observer l'univers autour des personnages, qui fourmille de détails troublants : affiches de propagandes ou statues ostentatoires dans les bureaux des fonctionnaires, murs désespérément gris au sein de la cellule familiale. Plus tard dans ces plans, on cherchera avidement une trace du surnaturel qui commence à envelopper les personnages. Dans ce film d’horreur, pas de screamers, mais une tension à couper au couteau : entre les brimades des camarades, des militaires enseignants ou même de la mère, le spectateur est comme Serik, piégé dans une spirale où l'issue ne semble pas pouvoir être positive.

Mais le génie du film est que l’empathie que l’on ressent est avant tout dirigée vers la mère, qui, malgré ses défaillances, semble être la seule à prendre la mesure du danger que va finir par représenter Serik, la laissant seule dans un monde d’hommes, à craindre le pire. "Cadet" est une œuvre étrange qui prend à rebrousse-poils : elle nous demande de nous investir pour pouvoir l’apprécier, confirmant par là même sa forme martiale. Le sens de la discipline des spectateurs mis à rude épreuve ? On adore.

Germain BrévotEnvoyer un message au rédacteur

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