C'ÉTAIT MIEUX DEMAIN
Choc de générations dans une comédie bien dosée, au duo vedette survolté
Synopsis du film
1958. Michel et Hélène ont deux enfants. Lui travaille dans une banque, elle est femme au foyer, s’appliquant dans ce rôle à être la plus parfaite possible. Leur fille, Jeanne, voudrait faire des études de dactylo, ce que Michel refuse, considérant qu’une femme n’a pas à travailler. Leur fils, Lucien, n’est pas assez viril au goût de Michel. Mais lorsque Jeanne tombe enceinte du fils du voisin, André, rien ne va plus entre les deux familles et un mariage doit vite être organisé. Un soir, alors qu’Hélène vient de gagner une machine à laver, l’une des dernières nouveautés technologiques, et qu’elle s’apprête à l’essayer, Michel lui dit vouloir la vendre afin d’investir dans d’autres choses. Une bagarre éclate alors entre eux, autour de l’appareil, finissant en électrocution. Lorsque les deux parents se réveillent, ils découvrent qu’ils sont en 2025, que la maison est truffée de technologies inconnues, mais que leur fille est toujours sur le point de se marier, cette fois avec quelqu’un d’autre…
Critique du film C'ÉTAIT MIEUX DEMAIN
Film de clôture du dernier Festival du film francophone d’Angoulême, "C’était mieux demain" réunit un couple inédit à l’écran, dont l’alchimie fonctionne parfaitement : Didier Bourdon et Elsa Zylberstein. Comédie au rythme soutenu, autant au niveau gags que répliques, le film devrait sans problème trouver son public, après une tournée province qui a fait salles combles. L’utilisation des technologies anachroniques pour des personnages venus des années 50, particulièrement exploitées au début, se fait élément de comique de répétition par la suite (robot aspirateur, domotique, téléphone portable, internet…). Le film peut ensuite exploiter les différences d’expressions ou les incompréhensions entre générations, ainsi que les éléments installés en introduction, comme les différentes idées refusées en financement par le père banquier. L’idée de souligner ainsi le manque de flair de celui-ci est d’ailleurs assez croustillante.
Mais au travers de cette confrontation entre les années 50 et l’époque actuelle; avec deux enfants parfaitement inscrits dans celle-ci, c’est aussi le racisme ordinaire, le machisme et le peu de reconnaissance de la place de la femme, qui sont mis en évidence. En inversant les rôles dans la partie moderne, au-delà des aspirations légitimes des personnages, cette comédie n’hésitant pas à convoquer ses propres inspirations dans quelques scènes très drôles ("Les Visiteurs", "Retour vers le futur", "Le Monde de Narnia"…) peut se permettre d’appuyer sur le progrès réalisé, tout en relativisant ponctuellement les choses. Peut-être un rien trop mièvre dans sa conclusion, "C’était mieux demain" souligne avec justesse que les changements ne se font pas du jour au lendemain. Ceci tout en restant avant tout une comédie enlevée, promise à un beau résultat au box-office pour les prochaines vacances scolaires.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur
