C'EST QUOI L'AMOUR ?
Un fin équilibre entre comédie et drame
Synopsis du film
Marguerite, vendeuse de vêtements, reçoit un jour un courrier en accusé de réception étrange. Elle appelle alors son ex-mari Frédéric, qui lui confirme que par amour pour Chloé, sa nouvelle fiancée, qui veut absolument pouvoir se marier à l’église, il a fait une demande en nullité de leur mariage devant Dieu. Marguerite accepte le principe, séduite par le fait que Frédéric ait retrouvé une compagne. Mais elle ne sait pas dans quelle processus elle s’engage…
Critique du film C'EST QUOI L'AMOUR ?
À l’image de "Nous les Leroy", Grand prix de l’Alpe D’huez il y a deux ans, "C’est quoi l’amour ?" de Fabien Gorgeart est un film qui évolue en permanence sur le fil du rasoir, entre comédie et drame. Cet état de fait, il le doit non seulement à un scénario qui fera faire des montagnes russes à nos petits cœurs, comme à ceux des deux protagonistes, Marguerite et Frédéric, qu’à un casting absolument parfait, des principaux aux plus petits rôles. Obligés de chercher dans leur passé, en fouillant leurs souvenirs, un motif qui serait valable devant l’Église pour confirmer que leur mariage n’aurait jamais dû avoir lieu, les deux anciens époux vont réveiller en partie la flamme qui les unissait autrefois. Le film, lui, dans son ensemble, est non seulement sous-tendu par le suspense que créent les procédures exigées par l’Église (auditions, dossier à monter, avocats à engager, conseillers, prêtres servant de juges…) mais aussi par la complexité des relations humaines qui impliquent ici 4 personnes, dont les conjoints respectifs, Chloé et surtout Sofiane. Et si l’on ajoute à cela les deux filles, Léa fille du premier mariage, partie en Crète, et Raphaëlle, fille de celui de Marguerite et Sofiane, en pleine effervescence adolescente, le cocktail promettait d’être explosif.
Et le jury de l’Alpe d’Huez ne s’y est pas trompé, décernant finalement son Grand Prix au film, ainsi que le prix d’interprétation féminine à Laure Calamy, formidable dans le rôle de Marguerite. Passant d’une certaine bonne volonté à une forme d’offuscation, provoquée par son témoignage auprès d’un prêtre (incarné par le très rare Jean Marc Barr), elle est à la fois le moteur de la comédie et celui d’une envie d’aimer qui oblige à requestionner les configurations familiales actuelles. Vincent Macaigne et Lyes Salem interprètent tous deux avec justesse ses deux compagnons successifs, le premier dévoilant quelques blocages passés, le second étant envahi progressivement par le doute et la jalousie. Saül Benchetrit fait, elle, des merveilles, dans le rôle d’une adolescente amoureuse qui sur-dramatise chaque contrariété, et bloque systématiquement tout dialogue avec ses parents en jouant la persécution et l’incompréhension. La plupart de ses scènes sont un vrai régal. Quant à Céleste Brunnquell, c’est par elle que viendra la synthèse d’une situation où deux familles parviennent à s’entremêler, avec un certain sens de l’amour, adulte comme parents-enfants. Jamais sentencieux, ce troisième long métrage de Fabien Gorgeart ("Diane a les épaules", "La Vraie Famille") aborde avec justesse et drôlerie, cette recomposition familiale qui trouve son équilibre dans les différences de perception de chacun et une certaine forme de bienveillance. On en redemande.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur


