BRAVE NEW LOVE
Quand l’adultère bouscule les acquis
Synopsis du film
Alors qu’elle est mariée à Orla et a une fille adolescente prénommée Athena, Kate voit son amant Andreas, partir pour la Grèce dans le cadre d’une mission d’archéologie. Alors que leur liaison dure depuis cinq ans, mais qu’elle a longtemps été sous le signe de l’abstinence, ce départ crée chez elle un déséquilibre et elle ressent le besoin d’en parler. Elle s’inscrit alors à un club de tricot entre femmes, au sein de la paroisse locale…
Critique du film BRAVE NEW LOVE
"Brand New Love" s’ouvre par une scène de baignade, une femme en bottes, nue pour le reste, se prenant en photo des branchages dans les bras, et échangeant quelques regards avec un homme en train de se déshabiller un peu plus loin, un autre homme venant la chercher. Finissant de s’habiller, elle semble laisser discrètement son numéro à l’inconnu. C’est ainsi que Maria Bäck ("Psychosis in Stockholm") nous plonge dans le secret intime de l’adultère, laissant d’emblée bon nombre de questions sans réponse : s’il s’agit de leur rencontre, Kate et Andreas ont-ils déjà consommé, se sont-ils déjà parlés, ou est-ce juste le tout premier geste ? Nous n’aurons pas le temps de creuser ces questions, puisque la réalisatrice enchaîne avec un montage de moments choisis, donnant la parole à Kate en voix-off, pour décrire cette liaison en comptant les années, avec une seul règle au final : il ne doit pas la toucher. Et nous voila projetés au moment qui l’intéresse véritablement : dans l’appartement d’Andreas, encombré de cartons de déménagement synonymes d’un départ (ici de la Norvège vers la Grèce) et donc d’une fin potentielle de la liaison.
Positionnant le spectateur au plus près du personnage féminin, pour mieux interroger ses questionnements et hésitations, voire même ses pulsions dans cette illusion entretenue de non-adultère qu’elle s’est construite, évitant d’embrasser Andreas mais se masturbant dès sa porte franchie, en attendant l’ascenseur. C’est donc vers le basculement et la prise de décision qu’est orienté le scénario, se centrant sur la vie quotidienne de Kate et les espaces de transgression et d’interrogation qu’elle choisit de se laisser avec ce club de tricot en pleine église. Pas des plus clairs dans l’utilisation du symbole d’un hippocampe qu’une main vient chercher sous l’eau (sans doute la dualité du personnage, désirant deux hommes et deux types de vie, au travers du prétexte d’un souvenir), un peu trop explicite avec le symbole de l’escalator (« on ne peut pas changer de sens »), un peu facile au niveau coïncidences (le lieu des fouilles pour Andreas et le lieu de vacances d’enfance de Kate), "Brave New Love" tente d’approcher la complexité du désir féminin par une mise en scène par moments sensitive (les exercices de gestuelle dont les bruits deviennent orgiaques, la mise en exergue de gestes de plaisir mutuel, la scène onirique signifiant l’excès de pression…).
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur
