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BRAQUAGE À L’ANCIENNE

Un film de Zach Braff

Un remake à l’ancienne, pas déplaisant mais sans grand intérêt

Alors qu’ils viennent d’apprendre que la banque avait décidé de geler leurs pensions, Willie, Joe et Albert décident de passer à l’action. Et à situation extraordinaire, moyens extraordinaires ! Les trois octogénaires vont braquer l’établissement pour récupérer cet argent mérité. Plus facile à dire qu’à faire…

383. C’est le nombre de projets dans lesquels on a pu voir Morgan Freeman, Michael Caine ou Alan Arkin. Mais pas intimidé par leur impressionnante filmographie, Zach Braff a décidé de s’entourer de ce trio de légendes pour son projet le moins personnel. Car après les très autobiographiques ""Garden State"" et ""Le Rôle de ma vie"", le comédien cinéaste s’attaque ici à un projet grand public, remake d’une comédie de Martin Brest, très populaire outre-Atlantique. L’histoire est celle de trois retraités qui décident de braquer la banque responsable du gel de leurs pensions. Et après avoir exposé brièvement le postulat, le film démarre sur les chapeaux de roue, multipliant les séquences cocasses sans jamais ralentir.

Feel good movie dans la plus pure tradition, avec sa morale humaniste, son humour gentillet et le désormais nécessaire ancrage social, "Braquage à l’ancienne" est divertissant à défaut d’être transcendant. Reposant grandement sur le comique de situation, il y a quelque chose de savoureux à voir ces octogénaires retrouver une seconde jeunesse en s’encanaillant. Et indéniablement, leurs péripéties prêtent aux rires, aussi bien pour l’énergie des comédiens que pour les nombreuses répliques bien senties (et également pour quelques seconds rôles qui font des merveilles pour dynamiser le récit).

Si le contrat est rempli de ce côté là, nous étions toutefois en droit d’en attendre bien plus de la part de l’inoubliable J.D. de "Scrubs"". Car la patte si particulière du réalisateur s’efface totalement derrière le talent des trois têtes d’affiche, Zach Braff étant incapable d’insuffler du rythme et de l’épaisseur à l’intrigue convenue. Lui qui a un goût prononcé pour les musiques indés nous abreuve de sonorités populaires, comme si chaque détail devait servir à séduire le plus grand nombre. Sans folie et sans génie, le métrage est ainsi considérablement affaibli par son manque d’ambitions. Certes, cette comédie a le mérite de montrer cette Amérique qui abandonne de plus en plus sa classe ouvrière, mais elle avait le matériau originel et le metteur en scène pour aller bien loin dans le burlesque. Si tous les ingrédients de la comédie sociale positive sont présents, la recette n’a que peu de goût.

Christophe BrangeEnvoyer un message au rédacteur

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