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BLACK STORM

Un film de Steven Quale

Grosse tempête de boulettes géantes

Quatre jeunes draguent en voiture alors qu’au loin, en pleine nuit, le vent souffle et semble faire tomber les poteaux électriques les uns après les autres. C’est une tornade qui s’approche mais les ados s’en rendent compte trop tard et, après avoir voltigé en l’air, sont projetés avec leur voiture quelque cent mètres plus loin, causant leur mort. Et les météorologistes annoncent d’autres tornades à venir…

Certes "Twister" est loin derrière nous, mais il faut bien avouer que depuis le film de Jan de Bont qui date de 1996, aucun autre long-métrage n’a fait le poids en matière de cyclone et de tornade. Pourtant les effets spéciaux se sont considérablement améliorés et les dégradations climatiques que subit notre planète font régulièrement l’actualité. Même Roland Emmerich ne s’y est pas attelé (bon ok il a fait "2012" sur la fin du monde, ce qui n’est effectivement pas rien !) ; mais tout de même, il aura fallu attendre près de 20 ans pour qu’un nouveau film catastrophe de tornades refasse surface sur le marché hollywoodien. Peut-être leur manquait-il tout simplement un bon scénario et qu’enfin il l’avait développé ! Quoi, j’ai dit une boulette ?

Une grosse, oui ! Car autant Michael Crichton (le père de "Jurassik Park") avait écrit un script honnête pour "Twister", autant pour "Black Storm", on a récupéré le sympathique John Swetnam, l’auteur de "Sexy Dance 5 – All in Vegas". Pas de soleil de plomb ici donc, mais davantage un scénario plombé par les clichés : soit un lycéen qui en veut à son père après la mort de sa mère, ce même lycéen qui voudrait bien parler à la belle blonde (qui se prend pour Erin Brockovich !) mais qui sait pas trop comment faire, deux abrutis qui filment toutes leurs cascades pour les mettre sur YouTube et devenir célèbres (et bien sûr ramasser un gros paquet de fric, les naïfs), une informaticienne qui est loin de sa fi-fille qui boude, un chasseur de tornade sévère et qui se fâche tout rouge si on lui en trouve pas une bien grosse, etc., etc. Michael Crichton : au secours !

Les situations sont donc plus caricaturales les unes que les autres et, comme si ce n’était pas suffisamment désolant, Wetnam est l’auteur d’une autre boulette géante : les dialogues ! Il suffit pour s’en convaincre de se souvenir de la scène des deux ados pris au piège dans une usine désaffectée. Pour faire simple, ils ne se disent rien. « Ça va ta blessure ? – Ouais, et ta mère est morte c’est ça ? » Ridicule ! Ne parlons pas de la morale à la fin qui nous est assénée face caméra par les héros du film : « Profitez de la vie et de l’instant présent, ne pensez pas à demain ! ». Oui, ils ont osé !

L’autre boulette géante, c’est la réalisation. Ah oui, que je vous présente le metteur en scène : Steven Quale, celui qui s’était illustré avec "Destination finale 5". Voilà, désolé ! Encore un qui n’aura pas le vent en poupe à Hollywood ! Quale prend ici le parti de faire un film comme "Cloverfield" (très bon) ou le récent "Echo" (raté), c’est-à-dire filmé avec les caméras des protagonistes de l’histoire, une idée amusante en soi mais à laquelle l’auteur de ces lignes n’adhère que partiellement, car comme dans le cas de "Black Storm" il faut arrêter de faire croire au spectateur qu’on n’éteint pas sa caméra quand il se passe absolument rien ou quand les personnages se racontent les pires banalités (et je vous rappelle qu’il y en a ici plein !). Mieux : pour faire champ/contre-champ, Steven Quale réussit l’exploit de placer une nana et un mec avec une caméra de part et d’autre de la voiture filmant des conversations sans intérêt…

Heureusement, les scènes de tornades sont, au fil du film, de plus en plus impressionnantes, et après celle originale où le tube est en feu, la dernière tornade emporte (vraiment) tout sur son passage. La tension monte alors de plusieurs crans (vu qu’elle n’était pas bien haute pendant les 75 premières minutes !). Les effets spéciaux efficaces permettent de voir s’envoler des camions (déjà vu) et même des Boeings sans pilote à bord (une première !). Le final – qui se doit toujours d’être le clou du spectacle – tient ses promesses, avec même un décollage et un atterrissage de voiture blindée plutôt marrant. Oufff, on était à un petit grêlon de passer d’un film catastrophe à un film totalement catastrophique !

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

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