BLACK PHONE 2

Un film de Scott Derrickson

L’enfer de glace

Synopsis du film

Alors que L’attrapeur croupit six pieds sous terre, Finney et Gwen tentent de profiter des joies de l’adolescence et du lycée. Mais c’était sans compter sur Gwen et ses rêves étranges qui surviennent la nuit et qui tentent de faire passer un message. Peut-être que L’attrapeur n’en a pas fini avec eux, même au-delà de la mort…

Critique du film BLACK PHONE 2

Scott Derrickson fait partie de ces réalisateurs qui ont connu une carrière en dents de scie, entre succès incontestables ("L’exorcisme d’Emily Rose", "Sinister") et échecs autant d’un point commercial qu'artistique (le remake du "Jour où la Terre s’arrêta", "Délivre nous du mal"…). Et c’est avec une adaptation de Joe Hill (fils de Stephen King) que le cinéaste retrouve des couleurs en 2021 avec son "Black Phone", joli petit film fantastique où les frissons étaient quasi absents mais qui réussissait à nous toucher à la manière d’un "Stand by me", avec ses deux jeunes frère et sœur évoluant dans un quartier populaire où la menace d’un kidnappeur (le Grabber) plane sur les enfants de la communauté. Bien que le film ne soit pas une franche réussite à tous les niveaux, il avait le mérite de dérouler son programme avec assez de soin et de cœur pour qu’on s’y attarde. Et la présence du grand Ethan Hawke (le trilogie "Before", entre autres) en vilain méchant kidnappeur d’enfants avait le mérite d’apporter une énergie perverse bienvenue dans une production finalement assez sage.

On ne l'attendait pas, mais sa suite prouve une fois de plus que quand Scott Derrickson est inspiré, ça se constate à l’écran. On retrouve alors nos protagonistes du premier volet désormais au lycée, avec tous les problèmes que ça comporte : harcèlement scolaire, premiers amours… Mais tout ce quotidien bien normal se voit bousculé lorsque Gwen, la sœur médium, commence à faire des rêves récurrents d’un camp de vacances dans le Colorado où leur défunte mère aurait travaillé plus jeune. Le film se mue en enquête du club des cinq et apporte un rafraîchissement indéniable avec ce changement de cadre glacial. Le film se permet alors d’inclure de nouveau du fantastique, en retrouvant ce qui faisait le charme terrifiant de "Sinister" : le format pellicule Super 8. Ici il est utilisé lors des séquences oniriques qui n’ont rien à envier à Freddy Krugger, au fur et à mesure que le Grabber devient un direct descendant.

L’ambiance est aux petits oignons, le casting également, en commençant par Mason Thames et Madeleine McGraw qui trouvent une partition touchante et toujours complice. Le retour de Ethan Hawke en boogeyman vengeur fait toujours son petit effet et son caractère « monstre de dessous le lit » colle bien mieux au personnage qu’un simple kidnappeur schizophrène dans le premier. Le cinéaste a décidé de lâcher les chevaux et se pare d’une jolie interdiction aux moins de 16 ans, ce qui est plus que compréhensible au vu des nombreux meurtres graphiques qui sont perpétrés sur nos jeunes bambins. Certes la mécanique narrative déroule un système un peu mécanique (séquence de rêve, séquence de recherche, et ainsi de suite), mais l’ensemble n’en pâtit pas et on se surprend comme à l’époque de "Sinister", à redouter la tombée de la nuit. Cette sensation de répétition pourrait jouer contre le film, mais cela lui permet d’instaurer une rythmique intéressante, celui-ci nous laissant ainsi respirer à intervalles réguliers avant de nous reprendre à la gorge. De plus, le climax du film sur le lac gelé vaut son pesant de cacahuètes. Pour une fois qu’une suite pas désirée fait mieux que l’original, on ne va pas renier notre bonheur.

Germain BrévotEnvoyer un message au rédacteur

BANDE ANNONCE

À LIRE ÉGALEMENT

Laisser un commentaire