Parce qu'on en a jamais assez !

BİZANS OYUNLARI: GEYM OF BİZANS

Un film de Gani Müjde

Absurde ou idiot ? Pas facile de trancher…

Au XIIe siècle, à cause de la sécheresse et du terrorisme, les Mayas décident de quitter l’Amérique et s’installent en Anatolie byzantine, où ils fusionnent avec les tribus turques. Par jalousie face aux avancées et diverses qualités de ce peuple, les Byzantins complotent pour les affaiblir…

Sortie VOD le 18 novembre 2017

Dès l’introduction, le ton est donné : les anachronismes et le non-sens seront les fils conducteurs du récit, qui risque donc de partir dans tous les sens ! On pense parfois au "RRRrrrr!!! d’Alain Chabat, aux délires des Marx Brothers ou encore à l’univers baroque d’Emir Kusturica. Problème : la désorganisation est telle que le scénario et la qualité de jeu ne sont pas vraiment les priorités de cette comédie foutraque. On a donc plutôt droit à une avalanche de gags et de sketchs, dont la qualité est très fluctuante.

On reste aussi perplexe face aux intentions. D’un côté, le film donne l’impression de ridiculiser la fierté nationale ou de bousculer les tabous de la société turque, par exemple avec les blagues sexuellement orientées (qui rappellent l’humour puéril et potache de certaines comédies américaines ou françaises), la présence d’un peu de nudité et d’érotisme (certes chastes) ou encore la surprenante mise en avant de personnages féminins combattantes ou dirigeantes. D’un autre côté, on sent une certaine apologie de la virilité (la fameuse force que les Turcs vénèrent tant), une volonté de remettre aussi les personnages féminins au centre du désir masculin (les potiches compensent les femmes fortes) ou encore un dénigrement régulier des Byzantins qui pose question (n’y a-t-il pas derrière cela une forme de pensée anti-occidentale ?).

Malgré tout, l’humour peut faire mouche quand l’art du décalage est maîtrisé, par exemple lorsqu’un médecin légiste examine le squelette du roi assassiné ou lors de la scène musicale où les hommes s’occupent des tâches ménagères dans la rivière. Les nanar-addicts se demanderont sûrement si le film n’est pas à classer aux côtés du cultissime "Turkish Star Wars". Mais au final, on se marre pas mal et c’est sans doute l’essentiel !

Raphaël JullienEnvoyer un message au rédacteur

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