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LES BEAUX JOURS

Un film de

L’automne de la vie d’une femme

Caroline se voit offrir par ses enfants un pass pour le club des seniors, alors qu’elle vient tout juste de passer à un autre stade de sa vie : la retraite. Pas vraiment convaincue par ce cadeau, et poussée par son mari Philippe, elle se rend aux « Beaux jours », où elle y fait la connaissance de Julien, la trentaine bien tassée, qui donne des cours d’informatique et qui la séduit sans vergogne. Un homme qui ne la laisse pas indifférente…

"20 ans d’écart", "Perfect Mothers", et maintenant "Les Beaux jours", le cinéma s’est beaucoup penché cette année sur le pouvoir de séduction des femmes mûres. Non pas dans le but de l’enterrer définitivement à partir d’un certain âge, mais pour démontrer qu’une femme à 40, 50 ou 60 ans a encore de « beaux jours » devant elle et que l’amour, finalement, n’a pas d’âge. À contrario des deux premiers films cités, l’héroïne de ces "Beaux jours" - incarnée avec justesse et talent par Fanny Ardant - est une femme qui vient de prendre sa retraite et qui pense tomber dans un vide existentiel, d’autant qu’elle vient de perdre sa meilleure amie. L’ironie l’amènera à faire une rencontre inattendue dans un club pour « personnes âgées », une rencontre avec un séducteur qui pourrait être son fils, mais qui la fera chavirer, comme dans un tourbillon de la vie… inespéré.

Adapté du roman Une jeune fille aux cheveux blancs, le scénario – écrit à quatre mains entre Marion Vernoux la réalisatrice et Fanny Chesnel l’écrivaine de l’histoire originale – dépeint donc un sursaut, une aventure, une liberté dans la vie d’une femme bouleversée dans son quotidien quand elle tombe dans les mailles du filet d’un homme tendre, drôle et amoureux. Ses conventions vont tomber les unes après les autres, comme si elle rattrapait une vie qu’elle a auparavant laissée filer, du temps qu’elle aurait perdu au cours de son existence et qui l’emmènera à la fois vers les artifices d’une immaturité juvénile tout en lui permettant de voir où en est son couple et sa relation avec son mari.

Ce "Lauréat" à l’envers (ici c’est le jeune homme qui séduit la femme mariée) ne manque pas de sel et accumule les scènes justes, drôles, voire drôlement justes. Les sentiments qu’ont les uns pour les autres sont très bien écrits et très bien rendus grâce à des comédiens hors pair. Fanny Ardant, méconnaissable en soixantenaire vêtue de jean et choucroutée blonde façon Armande Altaï, détonne dans un rôle qu’on a peu l’habitude de voir endosser. Patrick Chesnais en impose dans son second rôle en retrait mais auquel il parvient à donner toute la teneur dramatique en quelques scènes. Et Laurent Lafitte de la Comédie française laisse un peu de côté son personnage d’éternel gamin pour revêtir le costume du gars plus posé, plus masculin, tout en conservant son esprit fun en accro au sexe et aux joints !

C’est donc un plutôt beau portrait de femme, à l’automne de sa vie et tiraillée par deux hommes, que Marion Vernoux ("Love, etc.", "Reines d’un jour", "À boire") dresse dans ce film. À l’image de la dernière scène où la nudité des corps crève l’écran, on se dit que "Les Beaux jours" traite aussi de cette mise à nu des sentiments dans une vérité juste, sans fioritures ni apparats.

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

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