Bannière Festival d'Annecy 2026 : quotidiennes, sélection, films, critiques

BALLERINA

Un film de Len wiseman

Sans John Wick, la franchise devient un Xanax peu recommandable

Synopsis du film

Eve Macarro n’est alors qu’une enfant lorsque sa famille se fait sauvagement assassiner. Elle se voit recueillie par une organisation criminelle qui forme les meilleurs tueurs du monde. Les années passent et Eve a beau faire du très bon travail, quelque chose d’inachevé reste : sa vengeance…

Critique du film BALLERINA

On ne pouvait pas nier notre petite excitation quant à l’annonce du projet. Déjà parce que la franchise à succès "John Wick", avec Keanu Reeves en tête d’affiche, fait partie du haut du panier des films d’actions contemporains à gros budget. Grâce à son épure, ses chorégraphies complètement tarées et le charisme inhérent de son acteur principal, la marque accouche d’un spin-off de son univers avec cette fois la géniale Ana de Armas en tête d’affiche, en tueuse à gages dotée d’un tutu. C’est bel et bien le second argument du projet qui avait, lui, tendance à nous mettre la puce à l’oreille. Le potentiel de l’actrice avait pu être aperçu dans le James Bond "Mourir peut attendre" (2021), où elle pouvait se targuer de faire partie de l’une des meilleures séquences du film (la soirée de Spectre à Cuba) et démontrer déjà toute son aisance dans les moments d’actions. Ensuite, et cela regarde seulement l’auteur de ses lignes, le monsieur à qui ce projet mercantile (osons le dire) a été confié n’est autre que Len Wiseman perçu par la majorité comme un faiseur dénué de talent. Initiateur en 2002 de la saga "Underworld" (il réalisa les deux premiers volets), il eut la lourde tâche en 2006 de remettre John McClane au goût du jour dans "Die Hard 4 : Retour en enfer" et réalisa l’affront de mettre en scène un remake du "Total Recall" de Paul Verhoeven. Technicien à peine qualifié pour beaucoup, l’auteur de ces lignes défendra cependant ses projets grâce à une générosité trop rare désormais et un vrai sens de l’action (re-regardez "Underworld 2" et vous verrez de quoi on parle).

Mais comme souvent à Hollywood rien ne se passe comme prévu, le film d’aujourd’hui a subi énormément de reshoot (l’équipe est repartie en tournage) suite à des retours tests désastreux pointant du doigt un problème dans… l’action. Nous ne saurons probablement jamais ce qui a été tourné par Len Wiseman ou Chad Stahelski, réalisateur de la saga mère, venu en renfort pour sauver le navire. En résulte un film non pas dénué de charme lors de ses séquences de castagne (le coup du lance-flammes fait partie des meilleures séquences du métrage) mais qui remplit sa narration d’une intrigue mollassonne et inintéressante. Un comble pour un film de vengeance où tous les poncifs sont déjà connus, digérés et recrachés sans âme. Même Ana De Armas a du mal à trouver sa place au milieu de ce joyeux bordel et le manque d’iconisation se fait ressentir. On sent que le studio Lionsgate, en difficulté financière après moult bides à répétition, veut tirer sur la vache à lait le plus possible sans réellement s'interroger sur la qualité du produit fini. Bien coincé par un "John Wick Chapitre 4" qui clôturait l’arc du personnage éponyme, la firme tente des retours en arrières, des films dérivés s’inscrivant entre le chapitre 3 et 4, afin que Keanu Reeves passe une tête ou deux lors de séquences certes efficaces, mais qui ressemble à un aveu de faiblesse. La relève n’est pas assurée si l’ombre du Maître plane et nous rappelle à quel point c’était mieux avec lui de se castagner sur le tatami. Ce n’est pas le reste du casting, complètement sous exploité (Norman Reedus en figurant de luxe mais présent sur l’affiche bien entendu…), ou le grand méchant bien méchant campé par Gabriel Byrne ("Hérédité" de Ari Aster 2018) qui se complet en caricature et n’est ni drôle ni effrayant, qui relèveront le niveau. Lorsque les paupières se font lourdes, alors que dans le même plan il y a Ana De Armas et des flingues, c’est qu’il y a vraiment quelque chose de pourri à Hollywood.

Germain BrévotEnvoyer un message au rédacteur

BANDE ANNONCE

À LIRE ÉGALEMENT

Laisser un commentaire