Bannière Festival international du film d'animation d'Annecy 2026

BAIT

Un film de Mark Jenkin

Un film qui joue (un peu trop) sur la forme sans pour autant oublier le fond

Synopsis du film

Martin est un pécheur sans bateau depuis que son frère utilise celui de leur père à des fins touristiques beaucoup plus lucratives. Tous les matins, il dispose des filets sur une petite plage pour capturer les poissons transportés par la marée. Dans son petit village de Cornouailles, beaucoup de maisons, dont celles de ses parents, ont été rachetées comme résidences secondaires par des riches urbains dont l’absence une partie de l’année plombe l’économie locale…

Critique du film BAIT

Au premier abord "Bait" est avant tout un exercice de style. Tourné en noir et blanc avec une vieille caméra Bolex sans le son (les dialogues et les bruitages ont été rajoutés post synchro), le film, volontairement abîmé, semble avoir été tourné dans les années 50. Or, l'histoire, elle, est bien contemporaine. La vue d'un ordinateur dernier cri sur la table de la cuisine remet tout de suite les pendules à l'heure.

Ainsi, par bien des aspects, le métrage de Mark Jenkin rappelle "La pointe courte" qu'Agnès Varda< réalisa en 1954, puisque le réalisateur met en parallèle le quotidien difficile des pêcheurs locaux avec les petits problèmes de personnes venues de loin pour profiter de la mer. Une dichotomie qui ici révèle une problématique de plus en plus récurrente, celle de la gentrification qui appauvrit une population déjà précaire pour satisfaire les plus riches. Outre la détérioration économique du petit port de pêche, "Bait" insiste surtout sur le mépris "bien-pensant" des nouveaux arrivants envers les locaux qui, sous couvert d'avoir renfloué quelques pêcheurs en rachetant leur maison, se permettent tout, que ce soit au pub ou dans leurs loisirs nautiques. La tension monte alors crescendo entre les vacanciers sans-gêne et les autochtones acculés dans leur détresse.

D'un point de vue technique, l'excès d'effets pour dégrader l'image peut perturber, voire un peu agacer quand le réalisateur use du mélange saccadé de plusieurs scènes de dialogues. Néanmoins, on se laisse vite cueillir par la montée en tension entre les protagonistes, Une altération de l'esthétique qui, finalement, est loin d'être gratuite tant la situation précaire des pêcheurs semble appartenir à un temps qu'on pensait révolu.

Gaëlle BouchéEnvoyer un message au rédacteur

BANDE ANNONCE

Laisser un commentaire