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BAISE-EN-VILLE

Un film de Martin Jauvat

Une comédie déjantée, aussi rythmée que surprenante

Synopsis du film

Corentin Perrier, grand adolescent, surnommé Sprite, va de petit boulot en petit boulot. Il trouve enfin un travail lucratif, comme nettoyeur de villas suite à des soirées, pour la société Allo Nettoyo, à 100 euros la soirée. Seul problème, Corentin n’a pas le permis. C’est alors que sa prof de conduite lui donne une idée : elle lui prête un baise-en-ville et lui crée un profil sur des sites de rencontres afin de brancher des meufs et s’inviter chez elles pour la nuit, pas loin du lieu où il doit travailler ensuite…

Critique du film BAISE-EN-VILLE

Après l’étrange et réjouissant "Grand Paris", découvert à l’Acid Cannes en 2022, Martin Jauvat est revenu sur la Croisette côté Semaine de la critique, avec une comédie barrée au titre intrigant : "Baise-en-ville". Un titre correspondant à ces petites sacoches pour hommes, qui permettaient d’avoir ses affaires sur soi au cas où la soirée aboutirait à découcher. À partir d’un pitch tout aussi barré (un jeune homme pas doué en amour et n’ayant pas de voiture doit séduire tous les soirs une femme différente, pour qu’elle l’héberge à proximité de son lieu de travail d’un soir : une villa à nettoyer, suite à une fête), il signe une comédie réjouissante, pleine d’idées saugrenues. Il endosse de plus lui-même le rôle d’un personnage principal, sorte de Droopy maladroit et attachant, et offre un rôle à Emmanuelle Bercot (la professeure d’auto-école) dans lequel elle semble s’amuser comme rarement.

Si le film est si sympathique, c’est d’abord qu’il s’amuse des dérives du monde du travail actuel. On apprend au début que Sprite va être « le stagiaire du stagiaire », et on se délecte ensuite des petits boulots louches qu’il pourrait endosser… sans aucun bagage. Avec un beau frère (Walid) adepte des jeux de mots minables (« c’est walidé », « travail famille patrique »…) William Lebghil cède le rôle du boss lunaire à Sébastien Chassagne, dont les explications sur le fonctionnement de Allo Nettoyo sont un régal (les catégories de fêtes, la mise à disposition d’un micro…). Ajoutez à cela de nombreux gags élaborés autour des expériences sexuelles malheureuses du héros, avec au passage quelques répliques vouées à devenir cultes, et vous aurez la recette d’un potentiel hit au box-office, qu’on verrait bien faire un tour par l’Alpe d’Huez avant sa sortie en salles.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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