BAGARRE
Les gentils prennent le pouvoir
Synopsis du film
Naïm est l’homme le plus pacifique au monde, mais il sait se battre comme personne. Alors quand il doit trouver une grosse somme d’argent pour faire opérer sa chienne il rejoint « allô bagarre », une agence de combattants qui règle toutes sortes de problèmes à coups de poings…
Critique du film BAGARRE
Il faut bien avouer qu'on attendait pas grand-chose de "Bagarre", deuxième film de Julien Royal, après "En passant pécho", sorti directement sur Netflix. La bande annonce, tout comme l'affiche du film, laissaient présager une comédie d'action bas de plafond, avec des gags faciles et forcément- de la bagarre en veux-tu en voilà. Force est de constater qu'on avait sous-estimé ce film qui frappe d'abord par l'originalité de son protagoniste. Campé par un Nassim Lyes littéralement habité par le personnage, Naïm est la douceur incarnée, quelqu'un qui déploie des efforts considérables pour ne pas heurter les sensibilités ou les corps, quitte à s'asseoir sur sa dignité. Pour vous donner un exemple, quand sa copine le jette dehors pour se mettre avec un nouveau mec, il l'aide à amener ses affaires.
Alors quand il rejoint « allô bagarre », sorte de uberisation des rixes de comptoir, on se demande bien comment il survivra plus d'une journée. Mais Naïm, nourri par un passé bien plus difficile que sa bonhommie ne laisse paraître, dispose de la ressource nécessaire pour donner aux méchants la leçon qu'ils méritent. Mais si Naïm maîtrise les arts martiaux, il ne les utilise qu'en dernier recours, préférant instaurer un dialogue entre les deux partis opposés. Du moins il essaie, car sa maladresse avec les mots empire souvent la situation. Véritable drame comique d'un anti-héros qui ne parvient pas à dépêtrer le monde du tourbillon de violence dans lequel il s'est enfermé.
Pour ne rien gâcher, "Bagarre" est aussi un très bon film de… bagarre. Bien chorégraphiées et bien filmées, les scènes de baston sont un plaisir pour les yeux et devraient ravir les adeptes du genre. À ce stade, on ne peut s'empêcher de tisser un lien avec le génial "Everything everywhere all at once", certes beaucoup plus barré tant visuellement que sur le plan de l'écriture. Le film n'en partage pas moins avec ce dernier un idéalisme naïf mais totalement assumé. « La seule chose que je sais, c'est que nous devons être gentils » peut-on entendre dans le film des Daniels. Une morale que n'aurait pas renié notre brave Naïm. On doute cependant qu'il rencontre le même succès, la barre est haute, mais peut être qu'on avait besoin d'une piqûre de rappel d'idéalisme.
Benjamin BidoletEnvoyer un message au rédacteur

