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BAD TRIP

Un film de Kitao Sakurai

Buddy movie, caméras cachées et humour sans limite !

En Floride, Chris et Bud enchaînent les jobs sans enthousiasme et leur vie n’a vraiment rien d’épanouissant. Lorsque Chris croise Maria, une ancienne camarade de classe dont il était amoureux, il se dit que c’est le moment ou jamais d’oser quelque chose de fou pour que sa vie ait plus de sens et de saveur. Il convainc alors Bud de l’accompagner pour la retrouver à New York, où ils pourraient prendre un nouveau départ. Pour s’y rendre, ils empruntent la voiture de Trina, la sœur de Bud, qui purge une peine de prison. Mais celle-ci s’évade et c’est avec un esprit vengeur qu’elle se lance à leur poursuite…

Sortie le 26 mars 2021 sur Netflix

"Bad Trip", c’est un peu la rencontre entre "Very Bad Trip", "Jackass" et "Borat". Soit un buddy movie à base de caméras cachées qui ne semble se donner aucune limite dans l’humour trash ou potache.

Le premier tiers de cette comédie est de grande qualité, le film ayant l’intelligence d’intégrer les caméras cachées dans des séquences se fondant sur de véritables stéréotypes cinématographiques et piochant dans plusieurs genres : comédie romantique, comédie musicale (la séquence dans le shopping mall est fabuleuse !), course-poursuite, évasion, braquage, road-movie... Conséquence : les figurants habituellement anonymes et impersonnels (parfois presque robotiques) sont remplacés par de vrais gens qui réagissent de façon spontanée et authentique à des situations peu communes voire extravagantes. Qui n’a en effet jamais pensé que les comportements des figurants manquaient de réalisme dans les fictions ?

"Bad Trip" a aussi le mérite de construire un fil conducteur, le récit s’efforçant d’incorporer les gags en caméras cachées, un peu comme l’avait fait le très bon "Connasse, princesse des cœurs" de ce côté-ci de l’Atlantique. Il faut toutefois admettre que le métrage n’échappe pas aux défauts habituels des caméras cachées (dont la lassante répétition des plans montrant des personnes bouches bées) et que les idées scénaristiques restent assez sommaires. Ainsi, après une première demi-heure menée tambour battant, "Bad Trip" semble s’enliser dans le rabâchage et la facilité, l’humour consistant avant tout à faire confiance à l’excès sous toutes ses formes. Si le burlesque des destructions et des chutes a quelque chose de sympathique, les gags trash s’avèrent souvent plus embarrassants que drôles, tant dans leur versant scato (quand Chris projette des flots de vomi ou quand Bud se retrouve coincé dans des toilettes puis couvert d’excréments) que dans leur variante zoophile (le viol de Chris par un gorille avec éjaculation faciale – si, si !).

Malgré ces coups de mou et les vulgarités peu inventives, "Bad Trip" assume à fond le divertissement « coup de poing » et retrouve ponctuellement sa créativité du départ, comme lorsque Chris et Bud font leur « bad trip » dans un supermarché après avoir involontairement consommé de la drogue, quand les caméras cachées s’intègrent aussi aux scènes fantasmées par Chris, ou encore dans la séquence finale qui fait référence à "FBI : Fausses blondes infiltrées".

Il faut avouer que l’on rit quand même beaucoup sur l’ensemble du film, et que l’humour n’est pas le seul intérêt. Il convient par exemple de souligner la très bonne performance de Tiffany Haddish dans le rôle de la sœur criminelle franchement vénère. Et il faut aussi admettre que les réactions variées des gens lambda mériteraient quelques commentaires sociologiques !

Raphaël JullienEnvoyer un message au rédacteur

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