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BABYCALL

Un film de Pål Sletaune

Répulsion

Afin d’échapper à la violence du père de son fils âgé de 8 ans, Anna s'enfuit avec Anders pour s’installer en secret dans un grand immeuble résidentiel. Terrifiée à l'idée que son ex-mari les retrouve, Anna achète un babycall pour s'assurer qu'Anders soit en sécurité pendant son sommeil. Mais des bruits inquiétants semblent provenir d'un autre appartement : grâce au babycall, Anna entend même ce qu'elle croît être le meurtre d'un enfant...

Rendue célèbre par son interprétation de Lisbeth Salander dans la première adaptation du best-seller Millénium, la suédoise Noomi Rapace a rapidement exporté son talent à Hollywood, côtoyant Robert Downey Jr. et Jude Law dans « Sherlock Holmes 2 », puis embarquant dans l’équipage du très attendu « Prometheus » de Ridley Scott. La voir en tête d’affiche d’un iconoclaste film norvégien est donc une bonne surprise. D’autant plus quand le film est du niveau de « Babycall »  !

Thriller psychologique et drame d’épouvante à la fois, le quatrième film du remarqué Pål Sletaune (« Junk Mail ») marche sur les traces du Roman Polanski de « Répulsion » et du « Locataire », nous entrainant dans le quotidien de plus en plus inquiétant d’une mère de famille instable, à deux doigts de sombrer dans la folie. Fragile et belle, Noomi Rapace porte donc le film sur ses épaules, campant un personnage de jeune femme en rupture de lien social et dont le seul attachement au monde reste son enfant surprotégé.

Si l’on devine bien qu’un drame particulièrement terrible fut à l’origine de son comportement fuyant et déséquilibré, Sletaune ne s’attarde jamais là-dessus, ni sur les manifestations étranges qui parsèment son film. À l’aide d’une mise en scène discrète mais d’une efficacité redoutable, et d’un scénario manipulateur se jouant des repères du spectateur, « Babycall » délivre quelques trésors de sensibilité et d’émotion, sans jamais perdre de vue son héroïne ou le drame qui la bouleverse. Un vrai grand film, qui a remporté le Grand Prix au Festival de Gérardmer 2012.

Frederic WullschlegerEnvoyer un message au rédacteur

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