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AVANT L'HIVER

Un film de Philippe Claudel

Un film « monotone »

Un homme est dans un commissariat, il est questionné par des agents de la police qui cherche à savoir comment il a rencontré une jeune fille. L’homme raconte qu’ils se sont vus pour la première fois au bar où il travaillé et qu’elle l’aurait reconnu, ayant été sa patiente, enfant, quand elle avait eu l’appendicite. Les agents de police lui rétorquent qu’elle n’a aucune cicatrice sur le corps et cherchent à comprendre…

Lui est un grand chirurgien, elle est femme au foyer et cultive son jardin. Ensemble, ils forment un couple en apparence très uni, très amoureux, au milieu de leurs nombreux amis, dont le plus vieux (le pote d’enfance) est aujourd’hui psychanalyste. Depuis leur magnifique demeure perdue dans le calme de la forêt et dans cette vie bien rangée, rien ne semble finalement pouvoir les atteindre et les déstabiliser. Pourtant, un jour, un anonyme envoie des bouquets de roses rouges au chirurgien, d’abord à son cabinet, ensuite à son domicile. Le mystère se double de l’omniprésence d’une jeune femme dans son environnement : dans la rue, à l’opéra, chez le fleuriste… Serait-elle liée à ces roses ? Et si oui dans quel but ?

C’est par le mystère de cette étrange situation – des bouquets de roses sans carte ni signature et une rencontre insistante – que, dans la vie d’un homme, vont se dérouler une succession de remises en question, de doute du bonheur, de la recherche d’une autre vie. Le chirurgien ne se rend pas compte de l’incongruité de ce qui lui arrive, mais il vit au quotidien avec sa femme qu’il ne voit finalement jamais – trop occupé par son travail – et se voit soudain constamment en relation avec une autre femme qu’il ne connaît même pas…

Trouble de la relation, trouble des sentiments, amours cachées, révélations familiales, mélange des couches sociales, machination visant à nuire… Philippe Claudel instille dans son scénario plusieurs couches d’intrigues qui s’imbriquent pour laisser le spectateur comprendre au fur et à mesure les desseins de chaque protagoniste. Mais la rose empoisonnée reste bien trop douce et manque de piquants. Les personnages sont trop en surface pour marquer profondément le spectateur et le drame hitchcockien qui se dessine dans la deuxième partie du film tombe à plat comme une feuille morte d’un arbre en automne, cette saison avant l’hiver… Une saison triste, faite de changements et de bouleversements, une saison à l’image du nouveau film mélancolique du réalisateur de "Tous les soleils" et "Il y a longtemps que je t’aime", ses deux premiers longs-métrages autrement plus réussis.

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

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