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ARVOR DE 2 À 5

Une mutation nécessaire

En 2019, le cinéma associatif de quartier l’Arvor, devait commencer sa mue pour passer de 2 à 5 salles, en intégrant un projet de nouveau quartier dans la banlieue sud de Rennes. Aux inquiétudes liées au chantier et à un public de fidèles qui semble ne plus se renouveler, s’est ajouté le coup d’arrêt lié au premier confinement…

Arvor de 2 à 5 film documentaire documentary movie

En suivant durant près de trois ans la mutation du cinéma d’art et essai l’Arvor, Corentin Doucet et Corentin Massiot réussissent à capter toute l’inquiétude d’un secteur des exploitants, dont le public fidèle était vieillissant avant la pandémie de Covid 19, mais que les confinements successifs ont aussi transformé en profondeur. Dans un contexte où les cinémas manquent aujourd’hui encore de près de 25% de leur fréquentation, ce documentaire a forcément un impact fort, montrant derrière la tentation de l’abattement ou du désarroi, une combattivité sans faille, et le rêve que peut constituer aussi l’ouverture d’un cinéma aux salles modernes, avec l'espoir de conserver l'âme d'un lieu de près de 50 ans d'âge. Revenant brièvement sur l’historique du cinéma en question, d’une salle de l’archevêché à un lieu dynamique soucieux de créer l’événement pour faire venir de nouveaux spectateurs et attirer notamment les jeunes, le documentaire manque tout de même un peu de fluidité, s'attardant sur certains détails peu utiles.

En filigrane s’entend peu à peu un discours, au delà de l’expérience commune et de la communion qui se déroule dans une salle, de l’impact des festivals sur la carrière d’un film voué à l’échec dans le cadre d’une exploitation « normale », sur la mort possible du rapport au cinéma tel qu’on le connaît, voire sa relégation au même rang que la musique classique, c’est à dire voué à un public de niche ou de spécialistes. A l’épuisement face au flou imposé à la culture par les politiques durant les deux ans de pandémie, s’oppose la découverte des nouvelles lettres lumineuses géantes qui seront mises en façade, formant en grand le mot « Cinéma » et les échos d’enregistrements anciens où des spectateurs témoignent de leur présence 5 fois, voire 10 fois par semaine, dans les salles. Terminer sur des regards de spectateurs, des sourires de l’équipe, est en tous cas le signe d’une détermination et d’un espoir renouvelé, que partagent sans doute nombre de spectateurs avec leurs exploitants préférés, qu’ils soient associatifs comme ici, ou professionnels.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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-ARVOR_BA.mp4 from Candela productions on Vimeo.

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