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ARQ

Un film de Tony Elliott

L’Arq est tendu mais la flèche est tordue

Au petit matin, un couple est confronté à l’intrusion surprise et violente d’un groupe masqué. Mais l’homme se réveille à nouveau et comprend rapidement qu’il est pris dans une boucle temporelle…

Sortie le 16 septembre 2016 sur Netflix

Le spectateur n’a pas le temps de souffler que la spirale temporelle commence, dans un huis clos qui met en valeur la tension croissante. L’enchaînement peut faire preuve d’efficacité, quand il s’agit d’introduire de nouvelles variables (notamment le nombre croissant de personnages qui se souviennent d’avoir déjà vécu les précédentes boucles temporelles) ou quand les révélations permettent de mieux saisir les personnages, leurs relations et leurs motivations.

Malheureusement, au fur et à mesure que le film avance, on se demande si le réalisateur lui-même est capable d’expliquer convenablement le phénomène dont il se sert. Domine alors un flou total qui trahit le vide conceptuel du film : l’atmosphère de société chaotique paraît à la fois stéréotypée et confuse, et jamais on ne comprend ce que peut être cette machine (le fameux « Arq » du titre) qui est pourtant l’enjeu central du film, pour les protagonistes comme pour les spectateurs. L’équilibre entre mystère et crédibilité s’effondre progressivement et met à mal les atouts – pourtant réels – de ce film de science-fiction post-apocalyptique. Au point que l’on ne sait pas vraiment s’il a été trop ambitieux ou pas assez…

Raphaël JullienEnvoyer un message au rédacteur

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