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ANOCHE CONQUISTÉ TEBAS

Un film de Gabriel Azorín

Poésie abstraite et obscurs enjeux

Synopsis du film

5 jeunes gens arpentent en bottes des marais. Sur le sable, l’un d’eux trace un plan, pour expliquer où se trouvent, au milieu des ruines de la cité de Thèbes, des bains romains aux propriétés supposées magiques. Ensemble, ils continuent à progresser vers ces lieux…

Critique du film ANOCHE CONQUISTÉ TEBAS

"Anoche Conquisté Tebas" commençait de manière intrigante, offrant quelques magnifiques plans zénithaux sur des marais, à proximité des ruines d’un camp de soldats romains situé à la frontière entre Espagne et Portugal, que l’on découvre aussi dans une vue d’ensemble filmée par drone. Ce qui regroupe les personnages, de jeunes gens, visiblement amis (Pedro, Jota, Antonio...) n’est pas explicite, mais leur objectif se dévoile peu à peu, notamment lorsque l’un d’eux dessine maladroitement un plan dans le sable : ils recherchent des thermes romains, une source chaude ayant fait sa réapparition ici, alors que les lieux sont submergés la moitié de l’année. Un endroit dont l’existence passée semble confirmée par une guide et son groupe, rapidement croisés, indiquant que des soldats l’on bien découverte. Jusqu’ici, il fait encore jour et les motifs de chacun semblent encore clairs.

La suite du film ne sera qu’une lente plongée dans une obscurité de plus en plus englobante. Et même si l’auteur fait en sorte que, comme dans la réalité, notre vue s’habitue à celle-ci, l’attente jusqu’à l’aube sera bien longue. Pourtant une part de poésie semble émerger (avec l’observation des étoiles au téléphone portable, une appli permettant de voir se dessiner les constellations…), mais les discussions sur le sacrifice, l’exil, la guerre, et la transformation orale de certains personnages en d’anciens soldats romains (deux échangent en s’appelant désormais Aurélius et Pompey, des hommes plus âgés apparaissent, en toges…), viennent un peu gâcher le trouble suscité par l’expression de sentiments enfouis, d’admiration, entre hommes, que les lieux, dans l’ombre et la chaleur des vapeurs, permettent visiblement d’exposer. Sorte de rêve éveillé, cette plongée dans des lieux dont la temporalité s’efface avec la nuit, aurait peut-être mérité de se cantonner à l’onirisme et au contemplatif purs (la flamme qui se promène sur l’eau, le chant du vieil homme des trémolos dans la voix…), au lieu de chercher à intellectualiser un endroit potentiellement fascinant en soi.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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