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ANNABELLE : LA MAISON DU MAL

Un film de Gary Dauberman

Poupée du pire, poupée ducon

Annabelle, une poupée possédée par le Mal, est enfermée sous clé dans une vitrine bénie par un prêtre chez les Warren, spécialistes en démonologie. Un week-end, le couple quitte la demeure et laisse leur fille sous la responsabilité d’une baby-sitter. La copine de cette dernière s’invite dans la maison et décide de libérer Annabelle…

Annabelle 3 : la maison du mal image

Il va vraiment falloir que les scénaristes révisent leur définition du film d'horreur et qu'ils revoient (ou pire, découvrent) les classiques du genre pour s'en inspirer. Qu'attend un spectateur lambda amateur de film d'épouvante ? N'est-ce pas la première question que devrait se poser un scénariste qui s’attelle à l’univers de "Conjuring" ? Pour répondre à nos questions, nul besoin de sortir d'Harvard : il attend d'avoir peur, de voir du sang, quelques morts ou des membres tranchés et une belle ambiance malaisante. Le minimum quoi. Après, le talent est d'amener des personnages savamment écrits, des scènes inédites qu'on n’attendait pas et des petits détails qui amusent les aficionados du genre…

Et bien, imaginez que Gary Dauberman, le scénariste d'"Annabelle", ne s'est pas du tout posé la question ! Et comme si on avait demandé à un plombier d'opérer un patient, on a droit à un amateurisme qui fait froid dans le dos. Voilà la seule chose qui fait peur dans ce film interdit aux moins de 5 ans. Bien sûr, il y a des jumpscares, effets faciles pour faire sursauter la salle, mais après ? Le fantôme de la mariée au couteau acéré qui plante dans le vide ? Peur force 4 sur 10. Une poupée dont la tête effraye plus que son ombre qui se met à bouger ? Peur force 3. Un loup-garou dans le brouillard aussi invisible qu'inutile ? Peur force 2. Une armure de samouraï qui tourne sur elle-même ? Peur force 1. Une peluche singe qui se met à jouer des cymbales ? Peur force 0 !

Pour être terrorisé, on repassera ! Pour l'ambiance malaisante et les bonnes idées de scénario aussi. On est plongé dans le noir les quatre cinquièmes du film. Personne ne pense à allumer les lumières de la maison pour se rassurer, d'ailleurs le film n'est fait que d'actions insensées. Aucune personne normale n'aurait agi comme les personnages le font. Aucune ne va chercher de l'aide, toutes foncent tête baissée dans les pièges... Des pièges qui s'avèrent aussi sanglants que dans un épisode des Bisounours. Dernière déception : le gore, les membres coupés et les morts sont aux abonnés absents... Pas une goutte de sang ! Pas un mort ! Si les Warren avaient eu un chien, soyez certains qu'il aurait eu la vie sauve !

"Annabelle : La Maison du mal" n'est donc en rien un film d'horreur. C’est juste un horrible film. Cette suite n'a aucun intérêt. Elle ne fait progresser nos connaissances ni sur la poupée Annabelle ni sur le couple Warren, seulement présent lors de l’introduction et de la conclusion du film. Tout juste apprend-on que leur fille est dotée des mêmes pouvoirs que la mère... et que donc c'est génétique !? Bref, une poupée à éviter d’urgence.

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

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