ANIMUS FEMINA
Un contact qui ne demande qu'à être rétabli
Synopsis du film
Quatre femmes œuvrent chacune à leur manière au maintient ou au rétablissement du lien entre animaux et humains. Sara, chercheuse, va chaque année en Antarctique étudier les manchots et les phoques. France s’est installée il y a des années dans une vallée reculée des Asturies en Espagne pour rétablir sa santé, vivant désormais entourée de sa jument et d’autres créatures. Isis dessine les animaux, capturant le moindre détail des plumages des oiseaux. Marie-Pierre, vétérinaire dans les Cévennes, où elle a fondé l’Hôpital de la faune sauvage, elle tente de remettre sur pieds des animaux blessés…
Critique du film ANIMUS FEMINA
Des quatre personnages qu'Eliane de Latour nous donne à voir dans son documentaire "Animus Femina", trois font l’objet d’une attention particulière, partageant toutes le même constat : l’être humain n’est souvent plus capable que de déranger les espèces animales, et non plus de vivre en harmonie ou bonne entente avec elles. Placé de manière théorique par lui-même au sommet d’une hiérarchie supposée du vivant, il suffira de quelques séquences pour illustrer les conséquences néfastes de certains de ses comportements : chasse (le passage saisissant où Marie-Pierre Puech montre une succession de radiographies mettant en évidence la présence de multiples plombs...), loisirs (les photos des quads venant envahir une forêt jusque là tranquille des Asturies…), rénovation du bâti (le constat de la désertion des nids de martinets ou hirondelles dans un village…) ou encore tourisme indécent (le dessin animé illustrant le coup de fil de Sara Labrousse au Monde, pour dénoncer le parcours d’un brise glace à 38 000 euros la cabine, et les sorties en zodiac pour s’approcher des manchots et phoques…).
Mais au lieu de s'étendre sur le négatif, c'est avant tout sur la réparation d'un lien qui était autrefois plus évident, que s'attarde ce passionnant documentaire. Dans une alternance non systématique entre les travaux ou modes de vie des quatre femmes, sont mis en avant les efforts surhumains de France Génieux pour ramener de la nourriture à certains animaux (sa jument, de nombreux chats...) comme sa révolte connectée face à des atteintes à l'environnement, les dons d'observatrices de Sara Labrousse en Antarctique ou dans la Vallée des merveilles comme sa capacité à sensibiliser des enfants, ou encore les diagnostics et manipulations respectueuses de Marie-Pierre Puech comme son investissement dans le retour de la nature sur certains terrains. Quant aux dessins et objets d'Isis Olivier, ils viennent saisir la beauté d'espèces que l'on sait menacées. En forme de message visant à retrouver un contact avec une nature qui ne demande qu'à coexister, "Animus Femina" est accompagné au début comme en conclusion par la voix de sa réalisatrice, et pointe la persistance d'une capacité à agir pour protéger.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur
