ANDRÉ IS AN IDIOT
Un documentaire comme un moyen de prévention, culotté, irrévérencieux et nécessaire
Synopsis du film
André n’a pas suivi les conseils de l’assurance maladie pour les personnes de plus de 45 ans. Il n’a pas fait de coloscopie préventive. Le voila donc avec un cancer du colon de stade 4 (sur 4). Il décide alors de filmer toutes les étapes de l’évolution de sa situation, avec toujours son même humour, histoire que d’autres ne fassent pas la même erreur que lui…
Critique du film ANDRÉ IS AN IDIOT
Passé par la section Docs de l’oncle Sam lors du Festival de Deauville 2026, "André is an Idiot" est un documentaire à part, par le sérieux de son sujet (le cancer du colon…) et par le ton adopté : une apparente désinvolture et un humour à tout crin. Affirmant que 35 ans de sévères gueule de bois l’ont préparé à la chimio, André est un personnage en soi, bien décidé à ne rien changer de son mode de vie, malgré la maladie, mais à documenter celle-ci afin que d’autres soient moins stupides que lui, et passent leur coloscopie (le film se termine d’ailleurs sur une série d’affiches de prévention, forcément teintées d’humour, qu’il aura contribué à créer, en 2023 et par un clair appel à passer l'examen).
Persuadé sans doute au départ, comme lui, que l’humour peut maintenir la vie au même niveau, cachant sinon calmant la maladie, le spectateur va accompagner André dans son voyage vers une fin qu’on sait comme lui inéluctable. Et c’est sans crier gare qu’il sera cueilli par l’émotion, au moment où il s’y attend le moins. Mais André is an idiot est un film non seulement drôle (les récits du mariage blanc, la crinière comme signature, les tentations de stickers au mauvais endroit, l’histoire des hémorroïdes, la coloscopie entre potes...), mais également thérapeutique, par l’imagination débordante dont fait preuve le protagoniste dans son évitement (le jeu « qui veut me tuer », les boules de cheveux animées en stop motion, la préparation au dernier cri…), avant d’inviter à la réflexion sur certaines phases de la maladie comme sur le rapport aux autres.
C’est ainsi que l’importance de faire face au silence (« être assis avec sa peur »), de continuer à plaisanter, ou de laisser les autres être tristes deviennent des expressions qui transpercent le cœur. On ressort de la projection bouleversé, un peu moins bête, impressionné par tant de recul et d’auto dérision, avec la conviction que l’enveloppe de la sécu laissée sur le bureau depuis des mois (pour ceux qui comme moi ont plus de 50 ans) pourrait bien ne pas être à négliger.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur
