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AMOUR SEXE ET MOBYLETTE

Le gazole de l’amour

A Koupéla, dans le sud-ouest du Burkina Faso, la Saint-Valentin est proche. Une soirée de projection de films et débat est organisée pour l’occasion. Ce documentaire relate des interviews de jeunes, de couples plus âgées, sur leur vision de l’amour, de la sexualité et du couple. Chacun cherche sa chacune, tantôt avec tendresse et naïveté, tantôt avec vigueur et lucidité...

La démarche des réalisateurs semble être de s’intéresser aux ressentis des habitants. Loin d’être un documentaire pédagogique nous abreuvant d’informations, le ton est davantage intime. Les burkinabé sont interrogés aussi bien sur leurs émotions que sur des sujets plus concrets, comme le préservatif notamment. Ce qui frappe avant tout, c’est l’ambiguïté entre une attirance pour ce que les habitants imaginent être les relations à «l’occidentale» et l’application des coutumes. On assiste à tout ce que contient de factice le rapport de séduction (attrait pour les vêtements, les bijoux, la mobylette comme symbole d’argent donc attrape-filles), ainsi qu’à une tentative avortée de tendre vers un équilibre homme/femme dans la répartition des activités quotidiennes.

Le ton est très léger, ce qu’on regrette parfois, notamment sur des questions telles que l’excision. Certes une table ronde est organisée avec des étudiants qui s’expriment sur la question du respect des traditions, du désir et de son contrôle, mais le débat n’est jamais approfondi. Naît alors une frustration chez le spectateur, et un constat d’absence d’enjeu cinématographique. La forme est très approximative, sans établir une architecture manifeste, tant au niveau du scénario que sur la construction des plans.

Ces lacunes n’empêchent cependant pas un ton et un traitement très rafraîchissant, un regard inhabituel posé sur l’Afrique au gré des sentiers empruntés parfois au hasard par la caméra. La famille principale suivie tout au long du film est très attachante, les réalisateurs nous exposant des générations de liens amoureux et d’attentions renouvelées. La projection organisée par l’ONG Cinomade, suivie d’un débat sur la prévention du SIDA réjouit par son pragmatisme loin d’un puritanisme qu’on regrette souvent dans notre société.

Camille ChignierEnvoyer un message au rédacteur

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