Banniere-Berlinale-2019

ALPHA

Un film de
Avec

Survivre avec un loup

L’alpha est le membre dominant d’un groupe, d’une meute, celui que les autres suivent. Il doit sans cesse montrer sa puissance et son autorité face aux défis lancés par certains membres de son clan. Le long métrage d’Albert Hughes nous propose donc la rencontre entre un alpha, le loup, chef de sa meute et un alpha en devenir, Keda, fils du chef de la tribu. C’est donc à la lutte entre les deux (afin d’asseoir leur autorité) à laquelle nous allons assister, lutte qui va les rapprocher et les rendre complémentaire. Ils vont unir leurs forces pour survivre. C’est grâce à son cœur (l’instinct maternel avait vu juste dans la force du fils) que le jeune héros peut compter sur un tel allié (car sans cœur il l’aurait probablement tué) qu’il réussit à apprivoiser et même à domestiquer !

Une fois passée l’introduction et la fameuse scène de chasse, qui nous est montrée deux fois (une seule était déjà amplement suffisant), commence un périple survivaliste qui se révèlera être banal et sans imagination. Car autant le dire tout de suite : on ne croit pas une seconde à la survie du jeune garçon, ce dès la première chute. De trop grosses ficelles scénaristiques sont utilisées et on aurait pu se passer du petit rebondissement final quant à la nature du loup. On cherche le suspense (hormis la première attaque éclair du tigre à dent de sabre, rien n’est à se mettre sous la dent) les différentes difficultés se trouvant être rapidement évacuées. De plus l’environnement hostile de la période préhistorique est extrêmement sous-exploité quand ce n’est pas mal exploite.

Le réalisateur use et abuse de plans larges sur les décors naturels ainsi que sur les étoiles, et pour le reste du long-métrage, il semble être en pilote automatique. Les effets spéciaux sont laids avec une mention spéciale au tigre à dents de sabre que l’on devine dans l’ombre mais qui n’apparaît jamais en pleine lumière (les images de synthèse étaient-elles trop ratées pour le faire réellement apparaître ?).

La première réalisation solo d’Albert Hughes se trouve ainsi plombée par des images fades, un scénario simpliste, rempli de grosses ficelles, et une interprétation qui ne sauve pas l’ensemble. "Alpha" ne se révèle en rien comme le film alpha ayant pour décor la préhistoire.

Kevin GueydanEnvoyer un message au rédacteur

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